ALEXANDRE, THEODORE, LEONOR
Alexandre.
Comment! du duc, ma sœur, refuser la visite? D'où vous vient ce chagrin, et quel mal vous l'excite? II. 17
i3o VENCESLAS
Théodore.
Un léger mal de cœur qui ne durera pas...
Alexandre.
Un advis de ma part portoit ici ses pas.
Théodore.
Quel?
Alexandre.
Croyant que Cassandre estoit de la partie,..
Théodore.
A peine deux momens ont suivi sa sortie.
Alexandre.
Et sçachant à quel poinct ses charmes luy sont doux, Je l'avois adverti de se rendre chez vous Pour vous solliciter vers l'objet qu'il adore D'un secours que je sçay que Ladislas implore. Vous cognoissez le prince, et vous pouvez juger Si sous d'honnestes loix amour le peut ranger. Ses mauvais procédez ont trop dit ses pensées, On peut voir l'advenir dans les choses passées , Et juger aysément qu'il tend à son honneur, Sous ces offres d'hymen, un appas suborneur; Mais parlant pour le duc, si je vous sollicite De la protection d'une ardeur illicite.
N'en accusez que moy, demandez-moy raison Ou de son insolence ou de sa trahison. C'est moy, ma chère sœur, qui réponds à Cassandre D'un brazier dont jamais on ne verra la cendre, Et du plus pur amour de qui jamais mortel Dans le temple d'Hymen ait encensé l'autel; Servez, contre une impure, une ardeur si parfaite.
Théodore, se retirant appuyée sur Leonor. Mon mal s'accroist, mon frère, agréez ma retraite.