‹ Théâtre choisi de J. de Rotrou (volume 2)Chapitre 94 sur 183 · ACTE III, SCENE III. lîç · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE III. lîç

Alexandre.

Quel outrage, Madame, émeut vostre colère?

Cassandre.

La fureur d'une sœur pour l'interest d'un frère. Son tyrannique effort veut éblouir mes vœux Par le lustre d'un joug éclatant et pompeux; On prétend m'aveugler avec un diadème, Et l'on veut malgré moy que je règne et que j'aime: C'est l'ordre qu'on m'impose, ou le prince irrité, Abandonnant sa haine à son authorité.

Doit laisser aux neveux le plus tragique exemple Et d'un mespris vengé la marque la plus ample Dont le sort ait jamais son pouvoir signalé Et dont jusques ici les siècles ayent parlé. Voila les complimens que l'amour leur suscite. Et les tendres motifs dont on me sollicite.

Alexandre.

Rendez, rendez le calme à ces charmans appas; Laissez gronder le foudre, il ne tombera pas. Ou l'artizan des maux que le sort vous destine Tombera le premier dessous vostre ruine. Fondez vostre repos en me faisant heureux ; Couppons dés cette nuict tout accez à ses vœux, Et voyez sans frayeur quoy qu'il ose entreprendre, Quand vous m'aurez commis une femme à défendre, Et quand ouvertement, en qualité d'époux, Mon devoir m'enjoindra de répondre de vous.

Le Duc.

Prévenez dés ce soir l'ardeur qui le transporte : Aux desseins importans la diligence importe. L'ordre seul de l'affaire est à considérer ; Mais tirons-nous d'icy pour en délibérer.

Cassandre.

Quel trouble, quelle allarme , et quels soins me possèdent !

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