ACTE V, SCENE VII
Octave.
O fatale nouvelle !
Sergeste.
O funeste discours !
Plancien.
J'ay joint à la douceur, aux offres, aux prières,
A si peu que les dieux m'ont donné de lumières ,
(Voyant que je tentois d'inutiles efforts)
Tout l'art dont la rigueur peut tourmenter les corps;
Mais ny les chevalets, ny les lames flambantes,
Ny les ongles de fer, ny les torches ardentes.
N'ont, contre ce rocher, esté qu'un doux zephir,
Et n'ont pu de son sein arracher un soupir;
Sa force, en ce tourment, a paru plus qu'humaine.
Nous souffrions plus que luy par l'horreur de sa peine ;
Et, nos cœurs détestant ses sentimens chrestiens,
Nos yeux ont malgré nous fait l'office des siens;
Voyant la force enfin, comme l'adresse, vaine ,
J'ay mis la tragédie à sa dernière scène,
Et fait, avec sa teste, ensemble séparer
Le cher nom de son Dieu qu'il vouloit proférer.
D10CLETIAN, s'en allant.
Ainsi reçoive un prompt et severe supplice Quiconque oze des dieux irriter la justice.
(Ils s'en vont tous pleurans.) Valérie, à Marcele.
Vous voyez de quel soin je vous prestois les mains; Mais sa grâce n'est plus au pouvoir des humains.
Maximin, emmenant Valérie.
Ne plaignez point, Madame, un malheur volontaire, Puis qu'il l'a pu franchir et s'estre salutaire , Et qu'il a bien voulu, par son impieté , D'une feinte, en mourant, faire une vérité.
"^Vjnivers/fas PI'^'JOTHECA