SCÈNE X
DURVILLE, VALMONT, MESDAMES DURVILLE, VALbELLE, nERVAL.
MADAME DUBVILLB.
C'est bien joli à vous, mes belles dames, d'arriver ainsi les premières.
MADAME FIERVAL
Oh! moi, je ne me fais jamais attendre; j'ai été prendre madame chez elle.
MADAME VALBELLE
Précisément comme j'achevais de m'habiller. Ehl bonsoir, mon cher Durville.
DURVILLE
Mesdames, je. vous présente mes très humbles hommages.
MADAME FIERVAL
Bonjour, Valmont. Je me Tais une fête de passer la soirée avec vous, ma chère amie.
MADAME VALBELLE
U n'est déjà question que de votre bal dans tout Paris.
MADAME DURVILLE
En vérité, on est bien bon de s'occuper de ces misères.
138 DUHAUTCOURS.
MADAME VALBEIil^B.
Nous aurons beaucoup de danseurs?
MADAME FIBRVAL.
et des joueurs?
MADAME VALBELLB.
Et un concert?
MADAME FIERVAL
Et un feu d'artifice?
MADAME YALBELLE.
Et des illuminations?
MADAME FIERVAL
C'est charmant !
MADAME DURVILLE
Et M. Fierval, où est-il donc?
MADAME FIERVAL
Ah! bien oui, comptez sur les maris pour donner la main à leurs Temmes. Il viendra à minuit faire son piquet avec M. Durville.
MADAME VALBELLE
Vous êtes bien heureuse, vous, madame Durville, d'avoir un mari galant, empressé; car ce n'est pas à l'aimable Durville que s'adressent nos reproches.
DURVILLE
Vous êtes bien bonnes, mesdames, (i part.) Duhautcours ne vient pas.
MADAME FIERVAL
Eh! mais qu'a-t il donc, le cher Durville? il paraît tout soucieux ce soir.
Ehl non, mesdames, je suis tout entier au bonheur de vous voir.
MADAME FIERVAL
Vous nous dites cela d'un air bien triste. A propos, vous ne savez pas la nouvelle ; Monval manque de je ne sais combien de cent mille francs.
MADAME VALBELLE
Ahl mon Dieul
MADAME DURVILLE
Je n'en suis pas fâchée pour sa femme.
MADAME FIERVAL
Oui, elle fait de l'esprit
▲0TB If, SCENB X. 131>
YALMONT.
Et son mari des banqueroutes ; quel couple intéressant!
MADAME YALBELLB.
Bon! cela n'empêchera pas la femme de se montrer dans tous les athénées.
MADAME FIERVAL
Et le mari à la bourse. Cela est reçu.
YALMONT.
Heureusement (jue ces choses-là deviennent un peu plus rares. C'était une véritable épidémie.
MADAME FIBBYAL.
Eh ! mais, mon cher Durville, vous faites bien mal les honneurs de chez vous. Seriez-vous pour quelque chose dans la banqueroute de Monval? Quand vous y perdriez quelque argent, avec votre fortune, votre audace en affaires, votre activité... Comment trouvez-vous ma garniture?
MADAME DURVUiLE.
Charmante. Ces dames ont raison ; faut-il que les affaires vous poursuivent au milieu de la société?
DURVILLE
Mille pardons, me voilà tout à vous. Avez-vous ▼u la petite pièce nouvelle, aux Variétés?
MADAME VALBBLLB.
Ah ! c'est pitoyable.
MADAME FIERVAL
Mais comme c'est joué !
YALMONT.
Comme c'est nature!
MADAME FIBRYAL.
Je ne sais pas où ils vont chercher tous leurs quolibets.
DURYILLE.
Us sont fort gais. {A part,) Ce Duhautcours, comme il se fait attendre !
YALMONT.
Boni dans la société on en dit de bien plus forts.
MADAME FIBRYAL.
A propos, vous allez demain à Bagatelle ; il v a une course, un pari.
MADAME DURYILLE.
Oui, sans doute.
UO DUHAUTCOURS.
MADAME KIERYAL.
Nous vleodrons vous preodre.
MADAME DURVILLE
Volontiers.
VALMONT
Ces dames me permeltront-elles de les accompagner?
MADAME FIBRVAL.
Ouï, on vous le permet. Ainsi donc à midi précis nous sommes à votre porte. Vous serez prête?
MADAME DURVILLE
Oh! je vous le promets.
MADAME FIERVAL
C'est que tout Paris y sera.