DURVILLE, DUHAUTCOURS, MADAME DUR- VILLE, MADAME FIERVAL
MADAME FIERVAL
Eh! mais, mon Dieu, que devenez- vous donc, mes amis? Gomment! vous donnez une fête, et vous vous éclipsez! Auriez-vous des chagrins, mon cher Durvule?
DURVILLE
Aucuns, madame, aucuns; je ne fus jamais d'une humeur plus gaie, jamais plus disposé à bien recevoir ma société; n'est-il pas vrai, ma chère amie?
MADAME FIERVAL
A la bonne heure; pour moi, je suis dans un chagrin épouvantable. Ce petit sot de Précour, que je persécute pour prendre une place... Il s'assied; du premier coup il a un brelan; il emporte tout mon argent, et il fait charlemagne. J'ai recours à vous, mon cher Durville; il faut que ie {)renne ma revanche, et que vous me prêtiez de 'argent.
Gomment donc, madame? ordonnez, je vous en prie ; je vais mettre quelques rouleaux sur la cheminée, une carte, un crayon; que tous mes amis prennent et s'inscrivent tant qu'il y en aura.
DUHAUTCOURS.
G'est un homme d'or que M. Durville, Puisqu'il en est ainsi, je veux risquer une cave à la bouil«
lote. (Il donne la main à madame FiervaL)
146 DUHAUTCOURS.
MADAME DURVILLB, â part.
Que je m'en veux d'avoir provoqué cette fêtel
DURVILLE, affectant un air gai.
Allons, mesdames, livrons -nous à la gaieté qu'inspire une aussi aimable réunion I