XX VIE DE PICARD
seconde fois, TOdêon brûla, et peu s'en fallut que la maison quMl habitait, rue Corneille, n® 2, ne fût aussi détruite. 11 rallia sa troupe dispersée par le sinistre, obtint qu'on lui prêtât la salle Favart, jusqu'à la reconstruction du théâtre incendié et reprit possession de celui-ci un peu moins de deux ans après, le 6 janvier 1 820. Ce ne fut que pour bien peu de temps.
Las, dégoûté, ne se trouvant plus la force de lutter contre la concurrence du vaudeville et du drame, ni de tenir tôte aux prétentions des acteurs, il quitta l'Odéon au mois de mars 1821. 11 n'y revint plus que comme auteur : avec Fulgenee et Wafflard, par exemple, ses collaborateurs pour les Deux ménages, en 1823 ; et avec Mazères, qu'il y aida deux ans api es, pour les trois actes de l'Enfant trouvé.
Libre, il en profita pour écrire plus, sinon mieux, que jamais. Ses romans dont nous n'avons pas à parler, puisque Fauteur dramatique doit seul nous occuper ici, datent tous de ce temps-là. 11 travailla alors aussi pour le Gymnase, ou théâtre de Madame, dont l'ouverture était récente. C'est là qu'il fit représenter avec Fulgenee et Wafflard : Un jeu de Bourse } avec Mazères, le Landau) ; VAlbumy avec un anonyme, et seul, deux autres petites comédies, V Absence et Riche et Pauvre,
Au Théâtre-Français, il flit, pour la plus importante part, dans les premières grandes pièces d'Empis, VAgiotage, qui fut applaudi, et Lambert Synmel ou le Manne» quin politique, qui réussit beaucoup moins. U mit aussi la main à l'heureuse pièce en trois actes de Mazères, les Trois quartiers, jouée en 1827. Ce fût son dernier succès. En 1824, il avait perdu sa seconde femme, morte dans la fleur de sa jeunesse ; et la fille, toute enfant encore, qu'elle lui avait laissée ne suffisait pas pour le consoler. Sa galté s'éteignit, ses forces l'abandonnèrent, et il n'avait pas encore soixante ans, lorsqu'il mourut le 31 décembre 1828.
Une pièce en trois actes commencée avec Mazères flit jouée trois mois après. Elle s'appelait le Bon garçon. W eût mérité de mourir sur ce titre-là, car malgré ce qu'a dit Duval, qui fit contre lui sa pièce le Faux bonhommet bon garçon, Picard l'avait été toute sa vie.
Edouard Fournier*
17 oetobre 1879.
LES VISOTAHIIIKÏS.