ACTE IV, SCENE Vil
GRAFF
Ma foi, oui; je crois que vous avez raison ; je n*aime pas les procès.
(// 8*Qpproche pour signer avec Prudent^ et tous deux lisent Cacte tout bas,) DUUAUTGOURS.
Ni moi ; c'est ce qui m'a fait signer le premier.
FRANVAL
Tu as beau changer de ton, hypocrite, tour à tour colère et doucereux.
DDHAUTGOURS.
Les injures ne m'ont jamais effrayé; elles ne prouvent rien que les torts de ceux qui les disent. Ces messieurs, en signant, répondent sans réplique à vos déclamations.
FRANVAL
Quels sont ces gens-là?
DUHAUTGOURS.
Ce sont des gens qui vous valent bien. M. GralT, négociant, Irlandais d'origine, qui sait ce qu^on doit au malheur, à qui il est dû, par compte arrêté, quatre-vingt-deux mille francs; M. Prudent, un honnête marchand qui a le malheur d'être sourd, mais à qui il n*en est pas moins dû vingtcinq mille trois cents francs. Qu'avez-vous à leur opposer? Voilà leurs titres. Ils sont clairs et authentiques.
FRANVAL
Je n'ai pas besoin de les regarder; ils sont faux.
GRAFF
Fauxl
DUHAUTGOURS.
Qu*est-ce à dire? ils sont faux!
PRUDENT
Je n'entends pas.
FRANVAL
Oui, je le répète, ils sont faux. Ahl si ces créances étaient légitimes, ces gens-là signeraient-ils aussi tranquillement la perte de leur fortune? Leurs femmes, leurs enfants ne se seraient-ils pas présentés à leur pensée? Voyez si le moindre trouble parait sur leur physionomie.
GRAFF
Monsieur, vous m'insultez, et je ne crois pas mériter... Vous parlez de femme, d enfants; je suis
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garçon, et ma fortune est assez conséquente certainement pour que je sois au-dessus d'une pareille misère.
DUHAUTCOURS, à Graff,
Tais-toi donc.
FRANVAL
Ta fortune ! Fourbe imbécile, apprends à mieux jouer toa rôle.
GRAFF
Qu'est-ce que c'est, monsieur? des propos? Sachez que je ne les aime pas. Au surplus, chacun est maître de se conduire comme il l'entend. Vous êtes créancier, je le suis aussi ; vous ne voulez pas signer, j'ai signé; tant mieux pour vous ou pour moi, n'est-ce pas? Et je vous souhaite le bonjour.
(// sort,)