‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 182 sur 426 · DURVILLE, MADAME DURVILLE · texte numérisé non relu

DURVILLE, MADAME DURVILLE

MADAME DURVILLE

Il est seul. Approchons. Mon ami...

C'est vous, madame?

MADAME DURVILLE

Durville, est-ce ainsi que vous devriez me recevoir?

DURVILLE

Pardon ; je sens mes torts.

MADAME DURVILLE

Nous sommes sans doute hien à plaindre; mais 'en juge par le mien, ton cœur n'a aucune action làmable à se reprocher.

DURVILLE, à part.

Ciel! j'allais lui avouer... Malheureux Durville, en es- tu venu au point de rougir même aux yeux de ta femme ?

186 DUHAUTCOURS.

UÀDAHE DURVILLE.

Mon ami, tu le sais, dans toutes les .occasions importantes je me suis toujours laissé guider par toi. Aujourd'hui permets-moi d'avoir une volonté. Tu me parlais hier de cette séparation de biens entre nous.

DURVILLE

Eh bien ?

IIADAMB DURVILLE.

Permets-moi d'y renoncer. Je le dois , et tu dois y consentir ; je suis trop heureuse , si , au prix de quelque aisance, je peux t'épargner de nouveaux malheurs.

DURVILLE

Ma bonne amie, ce sacrifice de ta part, ton amitié, ta confiance ont déjà versé un baume salutaire sur mes blessures. Tu m'encourages. Non, ne renonce pas à cette séparation ; rends-la utile au contraire à mes créanciers. Charge-toi de les payer, et joins à ta fortune ce portefeuille... {n lui remet un portefeuille,) Il contient huit cent mille francs.)

MADAME DURVILLE

Huit cent mille francs! Et qui a pu te procurer cette somme?

DURVILLE

Fais-en l'usage que je te prescris, et de grâce ne m'interroge pas.

Page 1