DURVILLE, MADAME DURVILLE
MADAME DURVILLE
Il est seul. Approchons. Mon ami...
C'est vous, madame?
MADAME DURVILLE
Durville, est-ce ainsi que vous devriez me recevoir?
DURVILLE
Pardon ; je sens mes torts.
MADAME DURVILLE
Nous sommes sans doute hien à plaindre; mais 'en juge par le mien, ton cœur n'a aucune action làmable à se reprocher.
DURVILLE, à part.
Ciel! j'allais lui avouer... Malheureux Durville, en es- tu venu au point de rougir même aux yeux de ta femme ?
186 DUHAUTCOURS.
UÀDAHE DURVILLE.
Mon ami, tu le sais, dans toutes les .occasions importantes je me suis toujours laissé guider par toi. Aujourd'hui permets-moi d'avoir une volonté. Tu me parlais hier de cette séparation de biens entre nous.
DURVILLE
Eh bien ?
IIADAMB DURVILLE.
Permets-moi d'y renoncer. Je le dois , et tu dois y consentir ; je suis trop heureuse , si , au prix de quelque aisance, je peux t'épargner de nouveaux malheurs.
DURVILLE
Ma bonne amie, ce sacrifice de ta part, ton amitié, ta confiance ont déjà versé un baume salutaire sur mes blessures. Tu m'encourages. Non, ne renonce pas à cette séparation ; rends-la utile au contraire à mes créanciers. Charge-toi de les payer, et joins à ta fortune ce portefeuille... {n lui remet un portefeuille,) Il contient huit cent mille francs.)
MADAME DURVILLE
Huit cent mille francs! Et qui a pu te procurer cette somme?
DURVILLE
Fais-en l'usage que je te prescris, et de grâce ne m'interroge pas.