‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 19 sur 426 · SCÈNE III BELFORT, FRONIIN · texte numérisé non relu

SCÈNE III BELFORT, FRONIIN

BKLFORT.

Frontin 1

FRONTUI.

Monsieur !

RSLFORT.

Où sommeshnous?

FRONTIN

Ma foi, monsieQr, je n'en sais rien; mais je sais bien où je tondrais être.

SBLFORT.

Où donc, s'il vous platt?

FRONTIN

Dans nn bon lit, monsieur : la nuit est faîte pour dormir et non pas pour courir les champs.

BBLFORT.

Allons» ii faut prendre son parti gaiement :

4 LES VISITANDINBS.

nous sommes égarés, notre chaise est brisée; c*est un petit malheur. En attendant le jour, je rêve à ma maîtresse : eh bien I rêve à la tienne.

FRONTirC.

Fort bien pour yous, monsieur, qui rôvez tout éveillé ; mais moi, qui n'ai jamais rêvé qu'en dormant, que diable voulez-vous que je fasse ici ? Si je pouvais seulement trouver un petit endroit... {Apercevant le couvent,] Ahl monsieur, monsieur.

BELFORT

Qu'est-ce que c'est?

FRONTIN

Ah! pour le coup, j'ai du coiirage. Voyez*Yous cette grande maison en face de noiis ?

BELFORT

Eh bien?

FRONTIN

Eh bien, monsieur, ou je me trompe fort, ou c'est une auberge d'importance où l'on doit être bien traité.

AIR

Qu^on est heureux de trouver en voyage Un bon souper, mais surtout un bon lit I Voilà de quoi faire oublier Torage; A bien dormir je vais passer la nuit.

Je n'ai pas regret à la peine

Quand je trouve après le plaisir.

Jusqu'à demain tout d'une haleine.

Ah I que Frontin va bien dormir.

Et dans ces lieux où Ton repose^

S'il se trouve à faire autre chose,

Ce n'est pas à courir les champs

Que Frontin passera son tempi.

BELFORT

Allons, frappe.

FRONTIN

C'est bien mon dessei^. {Il sonne à la grande fforte,) Eh bien I ils sont donc sourds. {Il wnne plui Jort,)

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