SCÈNE III BELFORT, FRONIIN
BKLFORT.
Frontin 1
FRONTUI.
Monsieur !
RSLFORT.
Où sommeshnous?
FRONTIN
Ma foi, monsieQr, je n'en sais rien; mais je sais bien où je tondrais être.
SBLFORT.
Où donc, s'il vous platt?
FRONTIN
Dans nn bon lit, monsieur : la nuit est faîte pour dormir et non pas pour courir les champs.
BBLFORT.
Allons» ii faut prendre son parti gaiement :
4 LES VISITANDINBS.
nous sommes égarés, notre chaise est brisée; c*est un petit malheur. En attendant le jour, je rêve à ma maîtresse : eh bien I rêve à la tienne.
FRONTirC.
Fort bien pour yous, monsieur, qui rôvez tout éveillé ; mais moi, qui n'ai jamais rêvé qu'en dormant, que diable voulez-vous que je fasse ici ? Si je pouvais seulement trouver un petit endroit... {Apercevant le couvent,] Ahl monsieur, monsieur.
BELFORT
Qu'est-ce que c'est?
FRONTIN
Ah! pour le coup, j'ai du coiirage. Voyez*Yous cette grande maison en face de noiis ?
BELFORT
Eh bien?
FRONTIN
Eh bien, monsieur, ou je me trompe fort, ou c'est une auberge d'importance où l'on doit être bien traité.
AIR
Qu^on est heureux de trouver en voyage Un bon souper, mais surtout un bon lit I Voilà de quoi faire oublier Torage; A bien dormir je vais passer la nuit.
Je n'ai pas regret à la peine
Quand je trouve après le plaisir.
Jusqu'à demain tout d'une haleine.
Ah I que Frontin va bien dormir.
Et dans ces lieux où Ton repose^
S'il se trouve à faire autre chose,
Ce n'est pas à courir les champs
Que Frontin passera son tempi.
BELFORT
Allons, frappe.
FRONTIN
C'est bien mon dessei^. {Il sonne à la grande fforte,) Eh bien I ils sont donc sourds. {Il wnne plui Jort,)