SCENE ZVI
SOPHIE chante^
Depuis six mois Biaise aime Lise, Près d'elle il soupire et se tait; Depuis six mois, Lise, indécise, Attend qu'il chante mon couplet :
En affaires comme en voyage, Choisissons le plus court chemin; Suivons le précepte du sag[e.
Ne remettons rien & demam.
EUGÈNE, A part.
Je n'en peux plus douter, c'est elle-même. Elle serait à Paris? quel bonheur!
MUSÀRD, d'un air gai.
Parbleu! c*est uoe aventure qu'il faut suivre. Eh ! vite, achevons de nous habiller. {Il quitte sa
robe de chambre et va prendre ton habit,) Ah! si j'étais à votre âge, monsieur mon fils..., mais, au mien même, je serais capable de vous donner des leçons.
EUGÈNE, â part.
Par quel moyen m'instruire...
MUSARD
Oui, pendant que madame Husard n'y est pas... Vous entendez bien, mon ûls, que c'est une petite plaisanterie innocente.
EUGÈNE
Oh ! je n'en doute pas.
MUSARD
C'est à Paris que vous devriez faire un choix, et non pas à Saint-Quentin. Cette petite Sophie!... Oh ! je saurai vous surveiller de si près que vous ne la verrez pas.
(Ici Sophie ouvre doucement sa porte,) EUGÈNE, bas.
Ciel ! la porte s'ouvre ; c'est elle-même.
(On entend dans la rue des chanteurs italiens qui chantent pendant une partie de la scène suivante.)