EUGÈNE, MUSARD, MADAME MUSARD
DËLAIGLE.
MADAME MUSARD
Eh! mais, d'où vient donc tout ce bruit?
MUSAnD.
C*est vous, madame. Venez remercier votre fils, il nous a bien choisi notre appartement. M. Lerond, qui vient d'arriver ici, qui loge là, en face de nous ; sa fille qui ose s'entretenir devant moi avec mon fils ! Quel dessein l'amène à Paris? Il ne vient que pour me nuire, me contrarier, me barrer tous les passages. Mais je le préviendrai ; je lui prouverai que quand je m en mêle j*ai aussi de la tenue , de 1 activité. Eh bien l monsieur Delaigle, cette voiture que j'ai demandée depuis une heure.
DBLAI6LE.
Eh bien ! monsieur, il y a une heure qu'elle est arrivée.
MUSAHD.
Eh! que ne le dîsiez-vous donc?
BELAIGLB.
Mais on l'a prise, monsieur.
MUSARD
Ck)mment, on Ta prise! eh! qui donc?
DBLAI6LB.
Le voyageur de cet appartement.
MUSABD.
M. Lerond a pris ma voiture? eh bien! le voilà dé|à qui commence ses manœuvres. C'est pour agir contre moi ^ je le parierais; mais ie lui apprendrai... J'irai à pied, j'aurai plus tôt fait. U Eugène.) Monsieur, je vous défends de voir mademoiselle Lerond. Madame, veillez sur votre fils; vous sentez qu'il y va de votre gloire, que vous me compromettriez... Ma canne, mon chapeau... mon parapluie, le temps n'est pas sûr. (DeiaigU im
tionne ton chapeau et son parapluie») Ah I monsieur
Delaigle, vous logez mes ennemis , et vous laissez prencure ma voiture. U faut que l'un de nous deux sorte de chez vous, je vous en préviens.
8CSNS XZ. 811
DELAIGLE.
Ma foi, monsieur, je ne ferai pas pour tous une malhonnêteté à un galant homme qui paratt disposé à faire une grande dépense, qui m'a ordonné un grand déjeuner.
MUSABD.
Croyez-vous donc que je ne sois pas en état de faire autant de dépense que lui? (Il tire sa montre.) Onze heures et demie I An I mon Dieu I comme le temps passe! Pas possible! voyons la vôtre...
(fielaigle lui fait voir la sienne,) Et je retarde encore.
(Il veut régler sa montre,) MADAME MOSARD.
Mais, mon ami, vous êtes pressé...
MUSARD
Ahl tu as raison; je la réglerai aux Tuileries. Venez avec moi, monsieur Delaigl'e; et, en passant dans vôtre salie à manger, je vous ordonnerai un repas qui vaudra bien celui de M. Lerond; venez. (// son et revient,) Ah ! mes gants?... ils sont dans ma poche. (// sort,)