SCÈNE IV
DORVILÉ, MADAME DE SÂlNT-PHAR,
LÉONARD
LÉONARD
AtteDdez-moi donc, monsieur Marcelin ; comme vous courez I Ah! monsieur et madame, votre serviteur.
DORyiLd.
Ebl mon Dîeul monsieur Léonard, qu'est-il donc arrivé à Marcelin ?
LÉONARD
Une bagatelle. H hérite de cinquante mille écus de rente.
Marcelin I
MADAME DB SAINT-PHAR
Allons donc 1
LÉONARD
J'ai chez moi le testament, le notaire qui Ta reçu, les titres des immeubles, un portefeuille considérable, et une liasse de lettres et de papiers qu'on n'a pas encore examinés.
DORVILÉ.
Cinquante mille écus de rente au maître d'école!
MADAMB DB SAINT-PHAR
Bizarre fortune, comme tu te promènes!
LÉONARD
Il ne méprise plus les richesses, allez ; c'est un transport, un délire! il ne parle que d'acheter, d'acquérir, de vendre.
MADAME DB SAINT-PHAR
D'acheter, dites-vous?
LÉONARD
11 se défera des terres éloignées ; il prendra une maison à Paris ; il voudrait trouver un domaine dans ce pays.
MADAME DB SAINT-PHAR
Dans ce pays! Ne partez plus, mon frère.
AOTB II, SCÂNB IV. 251
DORVILi.
Je VOUS entends, ma sœur.
LÉONARD
Excellente affaire pour moil j*aime à voir travailler dans moo étude, je ne m*en cache pas; et comme j'ai toute la confiance du légataire...
DORVILÉ.
Vous avez la nôtre aussi, monsieur Léonard, VOUS le savez.
MADAME DE SAINT-PHAR
Tout le monde n'est pas heureux le même jour.
DORVILÉ.
Marcelin n*aura pas manqué de vous apprendre ce qui nous est arrivé.
LÉONARD
Ah! bien oui, il a bien le temps de s'occuper des autres! C'est le père Delorme et sa fille çiui m'en ont glissé deux mots; et qui m'ont quitté pour aller raconter les deux nouvelles à leurs amis.
MADAME DE SAINT-PHAR
Vous voyez.
LÉONARD
Vous ne doutez pas de la part que je prends... Quand on aime les gens d'inclination... Marcelin doit placer chez moi tout ce qu'il n'emploiera pas sur-le-champ. Très bonne affaire!
Oui vraiment, très bonne affaire pour vous, monsieur le notaire. Quant à nous, cette fâcheuse nouvelle de tantôt n'est pas si foudroyante... mais enfin elle nécessite dans ma fortune des arrangements... N'est-ce pas vous qui, il y a quelques années, m'avez fait acheter ce château?
LÉONARD
Oui; j*ai la minute dans mes cartons.
MADAME DE SAINT-PHAR
Faites-nous le vendre aujourd'hui à Marcelin.
LÉONARD
A Marcelin 1
DORVILÉ.
Vous savez ce que valent les terres?
LÉONARD
Cest mon état.
MADAME DE SAINT-PHAR
Nous nous en rapportons à vous.
LÉONARD
Trop honnête.
MADAME DE SAINT-PHAR
Nous n'oublierons pas les épingles de madame
DORVILd.
Ni le pot-de-vin d*usage, monsieur Léonard.
LÉONARD
Fi donc! monsieur et madame; ce n*est pas rintérêt... Comptez sur moi.