‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 273 sur 426 · SCÈNE I GASPARD, GEORGETTE, DELORME · texte numérisé non relu

SCÈNE I GASPARD, GEORGETTE, DELORME

GASPARD

Ginquantemilleécusde rente! ah! pèreOelorme, quel coup de honheurl quel bienfait de la fortune!

DELORME

Eh I mais, mon Dieu, quel transport I vous voilà presque aussi joyeux que si vous héritiez avec Marcelin.

GASPARD

C'est bien naturel. J'en jouis comme si c'était moi. J'en jouis pour lui, pour moi, pour vous.^ Oh ! je ne Buis pas envieux» et il faut qu'an moment où

rifti

Îë68 LES MARIOMNBTTBS. .

cela lui arrive je me trouve dans le pay9 : comme c'est heureux!

Oui vraiment. Vous qui êtes bon et sage, vous pourrez lui faire entendre...

GASPARD

Je le connais, il fera tout pour moi.

GBORGETTE.

C'est ce que j'ai pensé.

• GASPARD

Je brûle mes comédiens de bois, et je me fais directeur des vrais comédiens.

Eh ! laissez là vo» marionnçttes et vos comédiens.

GASPARD

Écoutez donc, chacun a son ambition; c'est la mienne.

Ahçà, nous entendrez-vous, à la fin?

GASPARD

Oui, sans doute, parlez; il ne me manquait qu'un bailleur de fonds, le voilà trouvé.

DELORME

Quand je vous dis qu'il est déjà fier, orgueilleux; qu'il y a même de la trigauderie dans sod fait; qu'il promène ma pauvre fille avec.de belles paroles, et que tout^bas il projette un autre mariage.

GASPARD,

Allons donc... mais il me recevra bien.

. GBORGETTE.

Je lé crois, et je n'ai plus d'espoir qu'en vous, mon chermonsieur Gaspard. Faites-lui bien sentir me c'est fort mal à lui, parce qu'il est riche aujourd'hui, de dédaigner ceux qu'il aimait hier; diteslui... la vérité, que je mourrai de chagrin s'il m'abandonne.

GASPARD

-!Eh! non, il ne s'agit pas de mourir.;. Laissezmoi faire; je ne veux pas entrer brusquement, je sonne, (if »onne,) Comme il va m'em brasier de b'oncœiirl Oh, il a tort avec vous, il a grand tort, et je lai dirai... Cependant, peut-être faut-il étri on peu indulgeat pour lui. '

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