SCÈNE I GASPARD, GEORGETTE, DELORME
GASPARD
Ginquantemilleécusde rente! ah! pèreOelorme, quel coup de honheurl quel bienfait de la fortune!
DELORME
Eh I mais, mon Dieu, quel transport I vous voilà presque aussi joyeux que si vous héritiez avec Marcelin.
GASPARD
C'est bien naturel. J'en jouis comme si c'était moi. J'en jouis pour lui, pour moi, pour vous.^ Oh ! je ne Buis pas envieux» et il faut qu'an moment où
rifti
Îë68 LES MARIOMNBTTBS. .
cela lui arrive je me trouve dans le pay9 : comme c'est heureux!
Oui vraiment. Vous qui êtes bon et sage, vous pourrez lui faire entendre...
GASPARD
Je le connais, il fera tout pour moi.
GBORGETTE.
C'est ce que j'ai pensé.
• GASPARD
Je brûle mes comédiens de bois, et je me fais directeur des vrais comédiens.
Eh ! laissez là vo» marionnçttes et vos comédiens.
GASPARD
Écoutez donc, chacun a son ambition; c'est la mienne.
Ahçà, nous entendrez-vous, à la fin?
GASPARD
Oui, sans doute, parlez; il ne me manquait qu'un bailleur de fonds, le voilà trouvé.
DELORME
Quand je vous dis qu'il est déjà fier, orgueilleux; qu'il y a même de la trigauderie dans sod fait; qu'il promène ma pauvre fille avec.de belles paroles, et que tout^bas il projette un autre mariage.
GASPARD,
Allons donc... mais il me recevra bien.
. GBORGETTE.
Je lé crois, et je n'ai plus d'espoir qu'en vous, mon chermonsieur Gaspard. Faites-lui bien sentir me c'est fort mal à lui, parce qu'il est riche aujourd'hui, de dédaigner ceux qu'il aimait hier; diteslui... la vérité, que je mourrai de chagrin s'il m'abandonne.
GASPARD
-!Eh! non, il ne s'agit pas de mourir.;. Laissezmoi faire; je ne veux pas entrer brusquement, je sonne, (if »onne,) Comme il va m'em brasier de b'oncœiirl Oh, il a tort avec vous, il a grand tort, et je lai dirai... Cependant, peut-être faut-il étri on peu indulgeat pour lui. '