‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 290 sur 426 · SCÈNE II GASPARD, LÉONARD, CÉLESTINE · texte numérisé non relu

SCÈNE II GASPARD, LÉONARD, CÉLESTINE

GÉLESTINE.

Qu'est-ce donc que ce domestique est venu me dire ? Quelqu'un me demande ; j'en ai pâli. Serait-ce mon cousin ?'

GASPARD

Non, mademoiselle ; c'est Gaspard, votre serviteur.

CÉLESTINE, avec dédain.

Vous?

GASPARD

Votre frère peut m'être très utile dans la ville où il est employé. Je sollicite une place de commis à pied où à cheval dans les droits? mais ce n'est pas ce motif qui me décide à vous révéler un secret important.

CÉLESTINE. - -

Quel secret?

Laissez madame de Saint-Phar faire la coquette auprès de M. Marcelin.

CÉLESTINE

Plaît-il?

a08 LES MARIONNETTES.

GASPARD

n y a des hommes bien bizarres, a^ec lears per-

gétaelles irrésolutions; ils ne savent jamais se xer ; ils ont autant de testaments que d'années.

GÉLESTINE.

Mais enfin, ce secret?

GASPARD, en confidence,

Marcelin est déshérité. Un second testament révoque le premier.

GÉLESTINE.

Ah I mon Dieu !

GASPARD

C'est M. Léonard qui, en rangeant les papiers de la succession...

LÉONARD

Un moment, monsieur, s*il vous platt.

GASPARD

Oh! vous avez beau dire, ma conscience me fait une loi d'apprendre à mademoiselle...

GÉLESTINE.

Oui, sans doute; parlez, je vous en prie.

GASPARD

Tenez, il a encore entre les mains le second testament, le codicille.

LÉONARD

Le codicille!

GASPABD.

C'es1>à-dirfe, la lettre qui Tannonce; et vite il a fait monter à cheval son maître clerc, pour ramener le notaire de Paris, qui était déjà parti.

LÉONARD, étonné.

Mon maître clerc à cheval I

GASPARD

n ne peut pas avoir fait beaucoup de chemin, lOj maître clerc ratteindra.

GÉLESTINE.

Se pourrait-il ! je cours prévenir mon frère; je n*en parlerai qu'à lui. Ah I mon Dieul quel événement! Vous êtes un bien galant homme de m*avoir prévenue; mon frère vous placera. (Elle wrt,)

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