‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 347 sur 426 · DERVIGNY · texte numérisé non relu

DERVIGNY

DUPARG.

Vous me voyez ravi, enthousiasmé. S'il faut en croire tous ceux que j'ai interrogés, je ne saurais mieux choisir.

UADAUB DERVIGNY.

Prenons garde que Sophie ne nous entende.

DUPARG.

Et pourquoi nous cacherions-nous d'elle ?

MADAME DERVIGNY

En effet ; n'avons-nous pas intérêt à ce qu'elle lui paraisse aimable ?

DUPARG, Rapprochant de Sophie qui se lève.

Bonjour, ma chère enfant; laisse donc là ton ouvrage. Eh bien I comme ta bonne maman te l'avait annoncé, nous aurons un nouveau convive, un jeune homme.

SOPHIE

Un jeune homme 1

DUPARG.

Plein d'esprit, du meilleur ton, fort instruit, d'une conduite exemplaire, joignant aux qualités essentielles oui constituent l'honnête homme, tous les petits talents qui font l'homme aimable. II danse à ravir, il chante avec goût, il fait des vers, il dessine.

MADAME DERVIGNY, bOiàDuparc.

Doucement donc ; vous en dites tant de bien, qu'elle va l'aimer avant de l'avoir vu. (Haut.) Certes, je suis loin d'avoir des idées sérieuses sur ce i'eune homme ; cependant, s'il a réellement tout e mérite qu'on nous annonce... qui sait ?...

382 U« DBUX PEILXBSRT.

DUPARG, bas à ntftdame Dervigny,

Eh ! mais c'est vous qui en dites* beaucoup trop, (Bout.) J'étais fort lié avec son père. Il se nomme Philibert II m'a fait une visite, et je Ta! invité.

SOPHIB, à Marianne,

C'est lui.

DUPARC

Je suis étonné (^u'il ne soit pas encore arrivé; j'aurais voulu le faire causer, l'éprouver en attendant le reste de la société.

UADÀMB DBRVIONT.

Et moi aussi, je l'éprouverai; mais il faut d'abord l'éblouir, lui plaire. Il s'agit de paraître avec tous tes avantages, ma chère enfant. Ton piano? bon : le voilà. Tes dessins? Marianne, étalez-les négligemment sur cette table. Et ce soir, tâche de bien danser.

SOPHIE

Je ferai de mon mieux. (1 Mariame.) Est-ce si maladroit d'avoir trouvé le moyen de se faire inviter par mon père?

DUPARC, à madame Dervigny,

Savez-vous ma crainte? C'est que ce ne^soit un homme trop supérieur; je ne serais pas flatté d'avoir un gendre qui fût trop au-dessus de moi, simple et bon bourgeois...

UADAMB BERVIGNt.

Ohl il ne faut pas trop vous déprécier; et d'ailleurs, s'il fait le bonheur de votre fille...

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