SCÈNE III PfflLlBERT aîné, comtois
PHILIBERT aInb, apercevant la grille de la maiton de
Duparc,
C'est ici, c'est ici. (Appelant,) Comtois! Comtois I
COMTOIS , sans paraître.
Eh bien l monsieur.
PHILIBERT aIné, descendant rapidement la montagne et ne se ressentant plus de la fatigue.
Nous y sommes. Allons, viens, mon ami, un peu de courage.
COMTOIS parait sur la montagne ^ plus en désordre, et ayant l'air encore plus fatigué que son maître,
Y sommes-nous, monsieur? C'est bien heureux.
PHILIBERT aîné.
Oui; Yoilà le village, la grille, l'avenue, la maison.
COMTOIS
Ah ! monsieur, ces paysans sontrils assez sots, ou plutôt assez malicieux dans leurs indications? Voilà trois grandes heures que nous avons quitté notre voiture, et que nous marchons à l'aventure par des chemins au diable , de village en village. L'un nous dit à gauche; non, c'est à droite, nous dit l'autre. Vous êtes sur la route, vous n'y êtes pas; prenez le petit sentier, suivez le pavé. Ah! je n'en peux plus; je tombe de faim, de fatigue et de soif.
{Il s^assied sur un banc de pierre à côté de la grille,)
PHILIBERT AÎNÉ
Nous y voilà. Quel Ijonheur ! Mais que dis-je? il est six heures du soir; comment me présenter sans avoir reçu d'invitation? S'il y a eu quiproquo, malentendu, que doivent-ils penser de moi ? Toutes mes craintes me reviennent. Allons , je trouve enfin ee que je cherche; et ce que j'ai de mieux à faire, c'est de reprendre à l'instant la route de \ Paris. I
(// s*assied sur un banc de pierre à côté du café, en face \ de celui sur lequel Comtois est assis, «
COMTOIS, se levant avec vivacité.
Pourquoi donc cela, mon cher maître? Je ne sens plus ni la faim ni la soif du moment que je
41% LES DBUX PHILIBERT.
Y0U8 vois malheureux, et que je croîs jpouvoir vous servir. Je vais entrer dans la maison ; je trouverai là quelque camarade avec qui je pourrai causer, savoir ce qui s'est passé, où en sont les choses. La grille est fermée, mais il y a une sonnette. (// tmme,)
PHILIBERT AfNÉ, seUvant,
Eh bien I soit, mon ami ; mais, je t'en prie, point de gaucherie, point de bavardage.
COMTOIS
Laissez donc, monsieur; j'ai de l'esprit peutêtre. (// tonne encore,)