‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 384 sur 426 · SCÈNE X PHILIBERT aîné, COMTOIS, MARIANNE, JOSEPH · texte numérisé non relu

SCÈNE X PHILIBERT aîné, COMTOIS, MARIANNE, JOSEPH

JOSEPH

Ma femme en conversation avec deux jeunes gens ! On en chasse un, il en revient deux.

Mon cher monsieur, au lieu de gronder votre femme, aidez-la; joignez-vous à elle pour tâcher de faire rendre justice à mon maître.

MARIANNE

Eh 1 mais, mon ami, ce jeune homme est bien différent du premier; il a bon ton, bonnes manières : il est amoureux.

JOSEPH

Amoureux !

MARIANNE

De mademoiselle.

PHILIBERT aInÉ.

Mes vues sont pures, légitimes ; je ne demande qu'à parler à M. Duparc, à madame Dervigny. Tenez, prenez ceci. (1/ lui donne de l'argent,) Si VOUS

me refusez, je suis bien à plaindre : prenez, prenez encore.

JOSEPH

Monsieur, vous me touchez, vous m'attendrissez.

MARIANNE

Oh I par ma foi, je ne saurais lui tenir rigueur plus longtemps. Écoutez, si nous vous annonçons, on nous grondera, et on ne voudra pas vous voir. On est sorti de table ; les uns vont faire de la

4S0 LBS DEUX PHILIBERT.

musique, les autres vont se promener. Je vais tâcher d'attirer monsieur et madame de ce côté.

[Elle sort,) JOSEPH.

Où vas-tu donc, ma femme ? Un moment.

COMTOIS, retenant Joseph,

Si, pour faire connaissance, vous vouliez accepter de vous rafraîchir à cette maison que voilà.

{Il indique le cabaret à côté du café,)

JOSEPH

Monsieur... (il part.) Le maître me donne pour boire, le valet me paie à boire ; ce sont d'honnêtes gens.

COMTOIS, à Philibert aine.

Vivat! les vaJets sont pour nous.

PHILIBERT âInÉ.

C'est quelque chose.

COMTOIS

C'est beaucoup ; je m'y connais.

{Comtois et Joseph entrent au cabaret en u fahani de grandes politesses. Comtois force Joseph à entrer le premier,)

PHIUBBRT AÎNÉ, seul.

Allons, voilà mes affaires en assez bon train.

{On entend Philibert cadet dans le billard.) PHILIBERT CADET.

J'ai touché, monsieur ; je suis sûr que j'ai touché.

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