‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 396 sur 426 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

JACQUILLARD, MADEMOISELLE VERNEUIL, RI- GAUDIN, TOINETTE, sortant de la maison de Jacquillard et ouvrant Us volets de Viiude,

TOINETTE

Ahl quel métier que celui de servante d'un notaire de campagne! quand donc serai-je femme de chambre à Paris?

JACQUILLARD.

0 fortune, sois-moi propice, etc.

MADEMOISELLE VERNEUIL

0 fortune I sois-moi propice, Permets que mon billet soit bon; Et, par un idmable caprice, g ( Fais que je gagne la maison.

g ] RIGAUDIN.

" j Fortune I pour m'être propice, Trompe resi)oir de ce baroon, Et, par un aimable caprice, Fais que je gagne la maison.

MADEMOISELLE VERNEUIL, Continuant Pair.

Souvent du destin un coup brusque Enrichit celui qui n'a rien.

SCÂNE IV.

iSl

JACQUILLARD.

Dans ce salon de eenre étrusque, Mon étude serait rort bien.

Il croît déjà que c*est son bien.

Reprùe de Voir précédait.

MADEMOISELLE VERNEUIL

0 fortune I sois-moi propice, Permets que mon billet soit bon^ Et, par un aimable caprice, Fais que Je gagne la maison.

JACQUiLLARO.

0 fortune ! sois-moi propice, Fais qu'un de mes billets soit bon.

Ahl n'est-il pas de ta justice Que je gagne cette maison?

Fortune, pour m'ôtre propice, Trompe 1 espoir de ce barbon.

Ah 1 irest-il pas de la justice Que je gagne cette maison?

TOINBTTE.

0 fortune I sois-moi propice ; Pour une autre condition Fais Qu'un de ces matins je puisse Abandonner cette maison.

TOINETTB*

Mon cousin Charles est arrivé hier au château avec son mattre. J*espère bien qu'il viendra me voir ce matin. U faut absolument qu'il me trouve quelque bonne place.

MADEMOISELLE VERNEUIL

Allons, allons, ne nous amusons pas à regarder cette maison ; cela me fait nattre des espérances qui ne se réaliseront pas. (Appelant,) Mademoiselle Javotte! est-ce que le magasin ne devrait pas être ouvert?

{ElU quitte ia fenêtre^ et on la voit ouvrir et ranger

M boutique,)

JACQUILLABD, entrant en ichte,

Ohl la jolie maison I Toinettel Toinettel Monsieur Ri gaudini

TOINBTTE.

Eh! mon Dieu, monsieur I comme vous criei; me voilà.

4d2 LA MAISON EN LOTERIB.

JÀCQUILLARD.

J*ai une commission à te donner.

TOINETTK.

Allons I déjà une commission !

JACQUILLARD, appelant.

Monsieur Ri gandin !

Il y a une demi-heure que je suis à prendre Tair à ma fenêtre.

JAGQUaLARD.

Prendre Tairl Est-ce pour prendre Tair, que je vous ai mis à la tête de mon étude?

Il n'y a rien à faire.

C'est égal; je veux que mon maître clerc soit à son poste.

Ohl maître clerc! second, troisième et petit clerc. Je compose à moi seul toute l'étude; c'est égal, je descends.

JACQUILLARD, ù Toînette,

Toinette... paresseuse, fainéante.

TOINETTE

Comment, paresseuse! j'ai déjà balayé le salon et le cabinet, j'ai mis votre café sur le feu, et voilà que j'ouvre les contrevents de l'étude.

JACQUILLARD.

Elle a de l'humeur, je crois!

TOINETTE

Pardi! monsieur; le moyen de n'en pas avoir?

JACQUILLARD.

Taisez-vous, et écoutez-moi. Vous allez courir chez M. Guillemot, le commis à cheval des contributions indirectes; vous lui souhaiterez le bonjour de ma part, et vous le prierez de voir s'il n'y a pas une lettre pour moi à l'auberge du Cheval- Blanc, qui est à une demi-lieue de la grand'route. Vous entendez bien?

TOINETTE

Oui, monsieur; une lettre pour vous à l'auberge ' du Cheval-Blanc. {À pan.) Ah ! quand serai-je donc femme de chambre à Paris I

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