‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 40 sur 426 · SCÈNE VI L'ABBESSE, BELFORT · texte numérisé non relu

SCÈNE VI L'ABBESSE, BELFORT

l'abbesse.

Maïs en vérité, ma sœur, plus je vous examine, et plus je me persuade que madame votre abbesse a voulu me ménager une surprise agréable.

BELFORT

Comment donc cela, madame ?

l'abbesse.

€'est que vous ne ressemblez pas du tout au portrait qu'elle m'a fait de vous aans sa lettre.

BELFORT

Est-il possible?

l'abbesse.

Vous pouvez en juger vous-même : j'ai sa lettré sur moi, écoutez {Elle Ut,) v L'homme propose et « Dieu dispose, ma chère sœur : une de nos no- « vices, sœur Séraphine, vient d'essuyer une a longue et terrible maladie, à la suite de laquelle « il lui est resté une toux sèche et fréquente. « [Ici Belfort tousie.) On dit l'air de votre pays « extréq^ment bon pour les convalescentes, je « prendrai donc la liberté de vous l'envoyer pour « trois ou quatre mois ; c'est une fille sage, mo- « deste; elle n'est ni de la première jeunesse ni « de la première betfuté... » Je vous demande, ma sœur, si cela peut vous convenir.

BELFORT

Ah, madame... '

l'abbesse.

Je votts trouve fort bien, pour une malade surtout

BELFORT

Vous avez bien de la bonté, madame. ...

S6 LES YISITAMDINS8.

l'ABBBS»^ emaimamt éê ffre.

« Mais elle possède au pins haut degré de per* ic fectioD, tous ces petits talents innocents qui « nous aident à passer le temps et à nous préser- « ver de la tentation. Personne ne sait mieux, « par exemple, chanter des noëls et des can- «( tiques, découper des a^fntus, faire des confitures « et des bonbonnières , apprendre à parier aux « perroquets. »

BELFOBT.

Ahl madame, je suis bien loin d*être aussi savante que vous pourriez le présumer»

l'abbesse.

Ah! de la modestie, ma sœur : allons ne tous faîtes pas prier; il faudra nous chanter, à dé^

t'euner, un de ces cantiques que vous chantez si âen.

BELFOBT.

Ah I madame, oubliez-vous que ma poitrine?... (// toutse.) Cette malheureuse maladie m'a fait perdre toute ma voix.

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