CHARLES, TOINETTE, RIGAUDIN
[Pendant cette scène on voit Rigaudin dans Vitude^ rangeant set papiertf taillant $e$ plumes ^ et de temps en temps levant la tête pour observer ce qui se passe sur la
seine.)
TOINETTE
Me voilà, et Ton peut causer.
CHARLES
Tant mieux, (i part:^ Elle est grandie, embellie... Elle est charmante.
TOINETTE
Vous voilà donc de retour dans le pays... Est-ce pour longtemps?
CHARLES
Monsieur projette de. passer un ou deux mois au château.
TOINETTE
C'est bien peu. Je suis si heureuse quand je vous vois.
RIGAUDIN, dans V élude.
J'en étais sûr, voilà le beau valet de chambre.
TOINETTE
Ah ! mon cousin, je n'oublierai jamais toutes VOS bontés.
CHARLES
Conduisez-vous bien, Toiuette, et comptez toujours sur moic
4tô LA. MAISON SN LOTBRIB.
Eh bien 1 mon cousin, puisque vous avez tant d'amitié pour moi, il faut que je vous fasse une confidence.
CHABLES
Pariez, ma chère.
TOINETTE
Je TOUS dirai que depuis votre dernier voyage, l'ambition m'est survenue.
CHARLES
En vérité 1 voilà la différence qu'il y a entre nous deux : je reviens tout à fait guéri de la mienne : et votre ambition... Toinette, quelle estelle?
TOINETTE
Si vous vouliez, quand vous retournerez à Paris, m'accorder votre protection pour me placer en qualité de femme de chambre, chez quelque grande dame.
CHARLES
Qui ? vous, Toinette, femme de chambre I
TOINETTE
Oui, mon cousin.
CHARLES
Toinette, Toinette, n'allez pas à Paris, ou vous êtes perdue.
Eh 1 mais, mon cousin, vous ne vous y êtes pas perdu.
CHARLES
Savez-vous ce qu'il m'a fallu de force d'âme et de caraclère pour me garantir, et encore...
On se querelle, je crois...
CHARLES
Air de la valte du Pauvre Diable,
Ah ! croyez-moi, ma petite Toinette, Craignez Paris et ses trompeurs smpas.
Dans les dangers que court une ullette, Ce qu'elle y perd ne se retrouve pas.
TOINETTE
Chacun, pourtant, dit qu^une jeune fille Dans ce pays fait fortune aisément.
CHARLES
K'enviez pas Téclat dont elle brille :