VAUDEVILLE
Air : Ronde de la vaUée de Barcelonnettei
TAPINEAU.
A l'hymen t'a conduit l'amour.
Je te promets, mon camarade, Pendant un mois, et chaque jour.
Une joyeuse aubade. {bis.) Après ce temps, si ton ardeur Se ralentit près de Toinette, Pour toi, mon cher, avec douleur,
Je battrai la retraite. {bis,)
JACQUILLARD.
Mondor admire à FOpéra Une nymphe, et se persuade Que chez elle il s'introduira Au moyen d'une aubade.
Mais en la trouvant sans apprêt.
Sans ornement et sans toilette.
Il n'a plus qu'un désir, et c'est De battre la retraite.
CHABLES
Riches puissants, chez oui sans fin Les flatteurs sont en embuscade, De louanges chaque matin
Vous ayez une aubade.
Êprouvez-vous un grand malheur?
Votre chute estrelle complète?
Tous partageant votre douleur,
Ils battront la retraite.
MADEMOISELLE YERNEUIL.
Que d'amoureux à cheveux blancs.
Ne soupirant que par saccade l Qu'attendre de ces vieux salants?
Tout au plus une aubade.
Puis sufifoqués par une toux.
Dans leur ardeur trop indiscrète.
L'amour leur dit : Arrôtez-vous,
Et battez la retraite.
Par l'hymen une fois lié,
Toujours chantant, jamais maussade.
Tous les matins à ma moitié
Je promets une aubade. Mais, si j'attends un peu plus tard, Ma foi, faisant humble courbette, Gomme le papa Jacquillard,
Je battrai la retraite.
TAPINEAU.
Qu'à travers mille et mille feux, Nos guerriers tentent l'escalade; On bat la charge, et c'est pour eux
Une brillante aubade.
Du fort l'ennemi sans retour Est chassé par la baïonnette ; Heureux, s'il lui reste un tambour
Pour battre la retraite.
TOiNETTE, au public.
Messieurs, au moment de finir, Nous redoutons une glissade; On pourrait nous en garantir
Avec certaine aubade.
Oui, si la critique voulait S'armer contre cette bluette.
Un coup de main la forcerait
De battre la retraite.