SCÈNE V LE PRINCE, EMILIE, MARINELLI
le prince. — Où est-elle?... Nous vous cherchons par-
tout, mademoiselle; si vous êtes sauvée, il n'y a plus rien à craindre... Le comte..., votre mère...
Emilie. — Ali! monseigneur, où sont-ils? où est ma mère?...
le prince. — Ici près,... à quatre pas...
Emilie. — Dieu! dans quel état vais-je trouver l'une et l'autre? Mais esl-il sur que je les reverrai?... ne me cachez-vous rien, monseigneur?... Je le vois, vous me cachez quelque chose.
le prince. — Rien, chère demoiselle... Donnez-moi votre bras, et suivez-moi avec confiance...
Emilie, irrésolue. — Mais s'il ne leur est rien arrivé, si mes pressentiments me trompent, pourquoi ne sont-ils pas déjà ici?... pourquoi ne sont-ils pas venus avec vous, monseigneur.
le prince. — Hâtez-vous, mademoiselle, et bientôt ces tristes fantômes seront dissipés...
Emilie, avec désespoir. — Dieu!... Dieu!... que dois-je faire?...
le prince. — Avez-vous quelque crainte de moi, mademoiselle?
Emilie. — Elle tombe à ses genoux. — Monseigneur, je me jette à vos pieds...
le prince, In relevant. — Que vous m'humiliez!... Emilie,... oui j'ai mérité ce reproche muet;... j'ai mérité la honte de vos soupçons;... ma conduite, ce matin, a été inexcusable... Je ne prétends pas la justifier;... mais pardonnez à ma faiblesse... Je devais, je le sens, vous épargner un aveu dont je n'avais rien à espérer;... l'effroi que je vous ai causé, votre silence obstiné ne m'ont que trop puni... Ah! laissez-moi bénir cet accident auquel je dois le bonheur de vous voir, de vous parler encore avant que mes dernières espérances soient encore évanouies pour toujours... Cette faveur inattendue de la destinée, qui diffère de quelques instante l'accomplissement de mon malheur éternel, je veux en profiter pour solliciter de nouveau mon pardon;... je veux,... ne tremblez pas, belle Emilie,... je veux obéir à chacun de vos regards; aucun mot, aucun soupir n'offensera votre volonté... Mais, je