SCENE II' L'INCONNU, LE MAJOR
l'inconnu. — Qu'y a-t-il pour votre service, monsieur? le major. — Pardon, monsieur. [Le reconnaissant tout à coup.) Meinau!
l'inconnu. — Horst!
(Il se jettent dans les bras l'un Je l'autre.)
le major. — C'est vraiment toi, mon vieil ami?
l'inconnu. — C'est moi.
le major. — Mon Dieu! quel changement!
l'inconnu. — La main du malheur est tombée sur moi ! — Pa'ssons! — Par quelle raison es-tu ici? que veux-tu?
le major. — C'est étrange! Je suis ici à réfléchir de quelle façon je pourrai aborder cet étranger-ermite... que lui dire? — Il paraît, — et voilà que je Irouve mon brave Meinau !
l'inconnu. — Tu ne m'as pas cherché? Tu ne savais pas que j'étais l'habitant de cette chaumière?
le major. — Aussi peu que je sais qui demeure au Caucase! Ce matin, tu as sauvé la vie à mon beau-frère; une famille reconnaissante désirait te voir dans son sein, tu l'as refusé à la femme de chambre de ma sœur, et pour donner de l'appui à l'invitation, on mJa envoyé auprès de toi. Voilà la suite dont le hasard s'est servi pour me rendre l'ami qui a manqué si longtemps à mon cœur.
l'inconnu. — Oui, je suis ton ami, ton véritable ami. Tu es un homme excellent, un homme rare, mon cœur n'a pas changé pour toi. Mais si cette assurance vaut quelque chose pour toi, — eh bien ! Horst, — va, quitte-moi et ne reviens jamais.