ACTE IV, SCENE IX. .">l
ma fuite avec courage, patience et adresse. Voici le moment, je fuis! »
klaus. — Ce n'est pas vrai, elle est déjà loin !
le bourgmestre lit. — « Je remercie M. le Bourgmestre pour son pain gâté. » — Stupidité I Je devais sans doute lui envoyer du gâteau! — (// lit.) « Et M. le garçon de bureau Klaus, pour son eau de mare. »
klaus. — Elle en amenti! Le canal a des sources souterraines.
le bourgmestre lit. — « Je me recommande au souvenir de tous les habitants de Krahwinkel. Je regrette de tout mon cœur d'avoir volé la vache il y a neuf ans, car elle était fort maigre. »
klaus. — C'est vrai, en effet.
le bourgmestre lit. — « Le ciel bénisse M. le Bourgmestre, le fasse engraisser et lui donne une bonne digestion pour le rôti de fêle de demain. — Eva Schnurrwinkel. » — Ah! cette damnée Eve!
klaus. — Serpent!
le bourgmestre. — Basilic! Comme les habitants de Bummelsbourg vont se réjouir! Mon honneur! La gloire de la ville de Kraehwïnkel, tout est perdu! — Écoutez, Klaus, ne connaissez-vous pas quelqu'un parmi nos bourgeois qui, par raison de patriotisme ou d'honneur... On pourrait lui donner un masque !
klaus. — Personne ne le fera, monsieur le Bourgmestre. Ils veulent bien tous voir; mais quand, pour le bien de l'État, il faut se sacrifier soi-même, on ne trouve plus personne.
le bourgmestre. — Hélas ! — hélas ! — et — mon frère ! — mon diable de frère! il dort quasi re bene gesta1. — (// heurte à la porte de son frère.) Hé! holà ! hé!
m. staar, à la fenêtre. — Mille diables! Qui frappe si tard? Allez vous promener. Après dix heures, je ne vends plus de café.
le bourgmestre. — Écoutez-moi ce museau de singe! Comme si moi, le Bourgmestre et Doyen, je venais lui
\ . Comme s'il avait fait pour le vu'eur. Toujours la manie du latin.
acheter une once de café! [Il frappe de nouveau.) Hé! voyons! Holà! hé!
m. staar, à la fenêtre. — Si vous ne détalez pas bien vite, je tirerai la police de son premier somme.
le bourgmestre. — Monsieur mon frère peut se féliciter pour son propre compte si elle dort.
m. staar. — Tiens, c'est monsieur mon frère! Qu'apporte-t-il donc si tard?
le bourgmestre. — Une nouvelle de malheur1! Venez, descendez, mon frère.
m. staar. — Tiens! tiens! Est-ce qu'il y aurait le feu quelque part?
le bourgmestre. — Plût à Dieu que la moitié de la ville fût brûlée et la maison de mon frère la première!
m. staar. — Le ciel m'en préserve! J'arrive.
(Il ferme la fenêtre.)
le bourgmestre. — Arrive seulement! Une honnête bourgeoisie s'être tant réjouie pour la fêle do demain! S'être fait faire des habits neufs, et avoir tué des cochons!... Quand ils vont apprendre que rien n'arrive à cause de lui, ils sont capables de démolir sa maison et de clouer au poteau tous ses livres.
klaus. — Tant mieux. Il n'y a là que des brigands.