‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 66 sur 442 · ACTE III, SCENE IX. Si · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IX. Si

le templier, se retirant tout à coup. — Pas votre fils?... Je vous en prie, Nathan !

Nathan. — Cher jeune homme I

le templier. — Et pas votre fils? Je vous en conjure, Nathan, je vous en conjure par les premiers liens de la nature!... Alors ne préférez pas des liens plus récents... Contentez-vous d'être homme; ne me repoussez pas de vous.

natuan. — Cher, cher ami !

le templier. — Et pas votre fils? pas votre fils?... et pas même, pas même si la reconnaissance avait frayé dans le cœur de votre fille le chemin à l'amour? pas même si tous d'eux n'attendaient qu'un signe de vous pour se confondre en une seule âme?... Vous vous taisez?

NATnAN. — Vous in étonnez, jeune chevalier.

le templier. — Je vous étonne... Nathan! je vous étonne, avec vos propres pensées; vous ne les reconnaissez donc plus dans ma bouche?... je vous étonne!

natuan. — Avant même que je sache lequel desStauffen a été votre père !

le templier. — Que dites-vous, Nathan? Quoi! vous ne sentez rien en ce moment que de la curiosité?

natuan. — Car, voyez-vous, j'ai moi-même autrefois beaucoup connu un Stauffen; il se nommait Conrad.

le templier. — Eh bien, si mon père avait porté ce nom?

natuan. — Réellement?

le templier. —Je porte moi-même le nom de mon père, Curd vient de Conrad.

nathan. — Cependant mon Conrad n'était pas votre père; car mon Conrad était comme vous, il était templier; jamais il ne fut marié.

le templier. — ■ Cependant!...

nathan. — Comment?

le templier. — ■ Cependant ne peut-il pas avoir été mon père?

nathan. — Vous plaisantez?

le templier. — Et vous, vous y regardez de trop près. lié bien, qu'y a-t-ildonc? Qu'importe d'être enfant naturel,

d'être bâtard I l'étoffe en est-elle plus méprisable? Failesmoi donc grâce de mes preuves généalogiques; et en revanche, je ne vous demanderai pas les vôtres. Non pas que je me permette le plus petit doute sur votre arbre de généalogie. Dieu m'en garde! vous pouvez de branche en branche le faire remonter jusqu'à Abraham; à partir de là, je le connais, je suis prêt à l'affirmer sur serment.

nathan. — Vous devenez amer... Pourtant l'ai-je mérité? que vous ai-je refusé?... seulement je n'ai pas voulu vous prendre au mot; rien de plus.

le templier. — Serait-il vrai? rien de plus?.., Ahf pardonnez !

nathan. — Venez seulement, venez.

le templier. — Où?...non! dans votre maison? non. non! il y brûle. Je veux vous attendre ici; allez, si je dois la revoir, je la verrai assez souvent : autrement, je ne l'ai déjà que trop vue.

nathan. — Je vais me. hâter le plus possible.

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