SCÈNE I. 1G
(A de la Grange.) Pour vous, je n'ai rien à vous dire'.
(A Mademoiselle Béjart.) Vous, vous représentez une de ces femmes qui, pourvu qu'elles ne fassent point l'amour, croient que tout le reste leur est permis, de ces feijnnes qui se retranchent toujours fièrement sur leur pruderie, regardent un chacun de haut en bas, et veulent que toutes les plus belles qualités que possèdent les autres ne soient rien en comparaison d'un misérable honneur dont personne ne se soucie. Ayez toujours ce caractère devant les yeux, pour en bien faire les grimaces.
(A Mademoiselle de Brie.) Pour VOUS, VOUS faites Une de ces femmes qui pensent être les plus vertueuses personnes du monde pourvu qu'elles sauvent les apparences, de ces femmes qui croient que le péché n'est que dans le scandale, qui veulent conduire doucement les affaires qu'elles ont sur le pied d'attachement honnête, et appellent amis ce que les autres nomment galants. Entrez bien dans ce caractère.
(A Mademoiselle Molière.) Vous, VOUS faites le môme personnage que dans la Critique-, et je n'ai rien à vous dire, non plus cju'à Mademoiselle Du Parc.
(A Mademoiselle du Croisy.) Pour VOUS, VOUS représentez une de ces personnes qui prêtent doucement des charités' à tout le monde, de ces femmes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant, et seraient bien lâchées d'avoir souffert qu'on eût dit du bien du prochain. Je Cl ois que vous ne vous acquitterez pas mal de ce rôle.
(A Mademoiselle Hervé.) Et pour VOUS, VOUS êtes la soubrette
1. Cet éloge élait mérité, nous disent les contemporains, par le talent de la Grange : nous ne pouvons apprécier aujourd'liui que les qualités de l'honnête homme, que nous révèle son célèbre Regislre.