ACTE II. SCÈNE III
DOniNE.
Fort bien : c'est un recours où je ne songeais pas; Vous n'avez qu'à mourir pour sortir d'embarras ; Le remède sans doute est merveilleux. J'enrage Lorsque j'entends tenir ces sortes de langage.
MARIANE
Mon Dieu! de quelle humeur, Dorine. tu te rends ! Tu ne compatis point aux déplaisirs * des gens.
DORINK.
Je ne compatis point à qui dit des sorncUes El dans l'occasion mollit comme vous failes.
MAP.IANt;.
Mais que veux-tu? si j'ai de la timidité.
DORINE
Mais l'amour dans un cœur veut de la fermeté.
MARIANE
Mais n'en gardé-je pas pour les feux de Valère? Et n'est-ce pas à lui de m'obtenir d'un père?
DORINE
Mais quoi ? si votre père est un bourru - fiefTc, Oui s'est de son Tartuffe enlièremenl coiil'é Et manque à l'union qu'il avait arrèléo, La faute à votre amant doit-elle être imputée?
MARIANE
Mais par un haut refus et d'éclatants mépris Ferai-je dans mon choix voir un cœur trop épris ? Sortirai-je pour lui, quelque éclat dont il brille,
1. /)(7>/(//«/rs, chagrins, afflictions; voyez page 8, note 1.
2. Le sens de bourru dans le Dictionnaire de l'Académie (169ii n'est pas <t (homme) d'humeur brusque et cliagrine, » mais » fantasque, bizarre, extravagant o.
248 TiVRTWFE
De la pudeur du sexe et du dôvoir de fille ?
Et vcux-(u que nies: feux par le uioude étalés...?
DOP.fNE.
Non, non, je no veux rien. Je vois que vous voulez
Être à Monsieur Tartuffe ; et j'aurais, quand j'y pense,
Tort de vous dclouruer d'unei t(vlle, alliance.
Quelle raison aiu^ais-jç à combattre : vos vœux ? ■
Le parti de soi-même est fort avantageux..
Monsieur Tartuffe ! oh! oh! n'est-ce rien qu'on jimpose?
Certes Monsieur Tartuffe, à bien prendre la chosr,
iN'est pas un homme, non, qui se moiich'e du pié •;
Et ce n'est pas peu dTreur^'quc d'être sa' moitié/
Tout le monde déjà de gloire.-le. couronne ;
Il est noble chez lui ', bien fait. do sa personne.; .
Il a l'oreille rouge et le teint bien fleuri :
Vous vivrez trop contente avec vm tel mari.