Je m'eiHjvndrais ■ je me donnais un gendre
NOTICE
La première représentation du Dépit amoureux fut donnée à Béziers, vers la lin de ItJoO (novembre ou décembre), lors de la réunion des États de Languedoc dans cette ville'. On sait quelle fut la conduite insolente tenue par les Etats à l'égard de Molière. Les députés, aux(piels il avait adressé gratuitement des billets pour la représentation du Dépit amoureu.r, les lui renvoyèrent, t les États firent « défense expresse à Messieurs du bureau des Comptes de. directement ou indirectement, accorder aucune somme aux comédiens- ». On avait pensé que la générosité de Molière n'était qu'une mendicité polie et habilement déguisée.
Du reste, le mauvais vouloir des États ne nuisit en rien au succès de la nouvelle comédie. Fort bien accueillie à Béziers, elle retrouva la même faveur auprès des Parisiens, quand elle parut sur la scène du Petit-Bourbon, au mois de décembre 4658. « Il [le Dépit) eut un grand succès, dit l'acteur Lagrange dans son registre, et produisit de part pour chaque acteur autant que l'Étourdi. »
Molière avait pris cette fois pour modèle un imbroglio de Nicolas Secchi, « Ylnteresse » (la cupidité), qui est loin de valoir 1' « Inavvrrtito » de Beltrame. On y trouve des équivoques grossières, des licences de langage, dont le bon goût dc Molière nous a fort heureusement privés.
Malgré ces heureuses modifications, le Dépit amoureux serait