ELMIRE, ORGON
ELMIRE
Approchons cette table, et vous mettez dessous.
1. Elmire prévoit ici l'objection de ceux qui trouveront, comme ^n Ciuyérc. que Tartuffe se laisse troj) facilement abuser pour un livp~. crite rompu à toutes les ruses ; mais il nous a dit lui-même que ].vu;
ORGON
Cominciit?
ELMIUE.
Vous bien cacher est un point nécessaire.
OIIGON.
Pourquoi sous cette table?
E1..MIUE.
Ah, mon Dieu! laissez faire; J'ai mon dessein en tête, et vous en jugerez. Mettez-vous là, vous dis-je; et quand vous y serez. Gardez qu'on ne vous voie et qu'on ne vous entende.
or.i;n\.
,1e confesse qu'ici ma complaisance est grande; Mais de votre entreprise il vous faut voir sortir.
ELMIRE
Vous n'aurez, que je crois, rien à me repartir. (A son mari qui est sous la table.)
Au moins, je vais toucher une étrange mali''n*e:
Ne vous scandalisez en aucmie manière.
Quoi que je puisse dire, il doit m'être permis.
Et c'est pour vous convaincre, ainsi que j'ai promis.
Je vais par des douceurs, puisque j'y suis réduite,
Faire poser le masque à cette àme hypocrite,
Flatter de son amour les désirs effrontés.
Et donner un champ libre à ses témérités.
Comme c'est pour vous seul, et pour mieux le confondre.
Que mon àme à ses vœux va feindre de répondre,
J'aurai lieu de cesser dès que vous vous rendrez,
Et les choses n'iront que jusqu'où vous voudrez.
C'est à vous d'arrêter son ardeur insensée,
Qisand vous croirez l'atfairc assez avant poussée,
être dôvot il n'en était pas moins homme, et il est tout naturel qu'il en ait les faiblesses, dont la principale est la vanité.