‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 26 sur 744 · KRASTE, LUCILE, MARINETTE, GROS-RENÉ · texte numérisé non relu

KRASTE, LUCILE, MARINETTE, GROS-RENÉ

MARINKTTE.

le l'aperçois encor; mais ne vous i-cudez poinl.

LUCILE

Ne me soupçonne pas d'è-tre faible à ce point*.

1. Que ses yeux ne vous rendent de nouveau amoureux et jilus e.sclave que jamais.

i. Les deux adversaires se tiennent ('paiement sur la défensive et se

MAniNEÏTE.

Il vient à nous.

î:raste.

Non, non, ne croyez pas, Madame, Que je revienne encor vous parler de ma flamme. C'en est fait; je me veux guérir, et connais bien Ce que de votre cœur a possédé le mien. Un courroux si constant pour Tombre d'une offense M'a trop I)ien éclairé de votre indifférence*, Et je dois vous montrer que les traits du mépris Sont sensibles surtout aux généreux esprits. Je l'avouerai, mes yeux observaient dans les vôtres Des charmes qu'ils n'ont point trouvés dans tous les autres, Et le ravissement où j'étais de mes fers- Les aurait préférés à des sceptres offerts : Oui, mon amour pour vous, sans doute, était extrême; Je vivais tout en vous; et, je l'avouerai même. Peut-être qu'après tout j'aurai, qiioiqu'outragé, As^cz de peine encore à m'en voir dégagé : Possible que', malgré la cûrê qu'elle essaie, Mon àme saignera longtemps de cette plaie. Et qu'affranchi d'un joug ({ui faisait tout mon bien, Il faudra se résoudre à n'aimer jamais rien ; Mais eniin il n'importe, et puisque votre haine Cliasse un cœur tant de fois que l'amour vous ramène,

promettent la victoire avec la même confiance, ce qui rendra leur défaite amoureuse plus imprévue et plus amusante.

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