J'ai demandé conseil au ciel
5. Comparez cette scène avec la première de l'acte IV, où TartufTe, sommé par Cléante de ne pas faire déshériter Damis, autorise cette spoliation des « intérêts du ciel ».
i. Vous prendre, pour vous demander raison.
560 DON JUA.N.
DON JiAN. — Vous ferez ce que vous voudrez; vous savez que jt! in' manque point de cœur, (■[ qiw je sais me servir (le mon épée quand il le faut. Je mcn vais passer tout à Ihcure dans cette petite rue écai'lée qui mène au grand couvent ; mais je vous déclare, pour moi, que ce n'est poiul moi qui me veux bal Ire : le fiel m'en défend la l>ensée; et si vous uraltaquez, nous verrons ce qui en arrivera*.
BON CAUI.OS. — Nous vcrroiis, de vrai, nous vcirons.
Mais Doii.Iiiaii n'aura pas la satisfaction de. recevoir do la main d'un gentillioninio le chàlinieut de ses crimes. L'impie mourra frapjié par le Ciel, qu'il a si lon^Mcmps ouU-agé, et la statue du coiinuandeur viendra présider à cette solennelle expiation.
i.A sTATUK. — Arrêtez, Dou Juan : vous m'avez hier donné parole de venir manger avec moi.
Do.\ jiAN. — Oui. Où faut-il all(^r'.'
LA sx.vrcE. — Donnez-moi la main.
DON ji'.v.N. — La voilà.
LA siATCE. — Don Juan, rendurcissement au péché traîne une Hiort funeste, et les grâces du Ciel que l'on renvoie ()uvn'nt uu chemin à sa foudre.
DON JCAN. — 0 Ciel! tfue sen.s-je? Vu feu invisible me Isrrdc, je n'en puis plus., et tout mon corps devient un brasier ardent. Ah!
1. Molière se souvient ici de la Vif Proviiimde, où le hvn père, mis eu scène par Pascal, absout ainsi ingriiieiisemont les gentilshommes qxri acceptent de se battre en duel : « Si un gentilhomme... est appelé en duel..., il peut, pour conserver sou honneur, se trouver au lieu assigné, non i)as yrritablement avec l'intention expresse de se battre en duel, mais seulement avec celle de se défendre, si celui qui l'a appelé il'y virtil attaquer injustement. Et son action sera toute différente d'elleraônie. Car quel mal y a-t-il d'aller dans un champ, de s'y promener en attendant un homme et de se défendre si on l'y vient attaquer"? Et ainsi il ne p.'/cbe en aucune manière, puisque Te n'est point <Jh tout accepter un duel, ayant l'intention dirigée 5 d'autres circon: tances ».