ACTE II, SGÉiXE II
CÉLIMÈXE.
Hé bien' faites monter.
ALCESTE
Quoi? l'on ne neuf jamais vous parler tète à tète? A recevoir le monde on vous voit toujoui's prête? Et vous ne pouvez pas, un seul moment de tous. Vous résoudre à souflVir de n'être pas chez vous?
CÉLI.-.IÈ.NE
Voulez-vous qu'avec lui je me fasse une affaire?
ALCF.->TF..
Vous avez des regards* qui ne sauraient me i)laire.
CÉL1.MÈNE
C'est un homme à jamais ne me le pardonner, S'il savait que sa vue eût pu m'importuner.
ALCESIE.
El que vous i'ait cela, pour vous gêner de sorte...?
CLLÎMÈ3E.
Mon Dieu! de ses pareils la bienveillance importe; Et ce sont de ces gens cp.ii, je ne sais comment, Ont gagné dans la cour de parler hautement. Dans tous les entretiens on les voit s'introduire ; Ils ne sauraient servir, mais ils peuvent vous nuire, Et jamais, quelque appui qu'on puisse aA^oir d'ailleurs, On ne doit se brouiller avec ces grands braillcurs.
ALCESTE
Enlin, quoi qu'il en soit, et sur quoi qu'on se fonde. Vous trouvez des raisons pour souffrir tout le monde, El les précautions de votre jugement....
1 . Hcfiards, égards, considérations, préoccupations. I^o mot égar(l-i ne devait |)as tarder à remplacer dans ce sens regards, si nous en croyons de Callii?res, qui écrit, en l(59ô : « Il faut dire à son égard, et non pas à son regard, qui ne se dit plus ». (Du bon et du mauvah usage des viols, cité par M. Livei.)
400 LE MISANTIIIIOPE
BASQUE, AI.CESTK, CÉLLMÈM.
r.ASOL'E.
Voici Clitanfli'C cncor, Madanip.
ALCESTE. 11 léiiioigno s'('n voiiu il- aller.
Jiislemciii.
CÉLIMliNE.
Oi'i courez-vous?
A LCESTE.
Je sors.
céi.imi';ne.
Demeurez.
ALCESTE
Pourquoi fairei'
CÉI.IMÈ.NE.
Demeurez.
ALCESTE
Je ne puis.
cllijk:ne.
Je le veux.
ALCESTE
Poiut d'affaire.
Ces conversations ne font ciue rn'ennuyer, E( c'est trop que vouloir me les faire essuyer.
CÉLLMÈ.NE.
Je le veu.x, je le veux.
ALCESTE
Kon, il' m'est nnpo^sible.