Mêliez votre chapeau, couvrez-vous
3. Formule de politesse bourgeoise, tombée depuis longtemps en discrédit au temps de Molière, et qui contraste avec les prétentions aux belles manières de M. Jourdain.
6(18 LE ROIÎRGEOIS GENTILHOMME
DORANTE. — Vous in'avoz généreuseiiiont prêté do l'argent en plusieurs occasions, et vous m'avez obligé de la meilleure ^ràce du monde, assurément.
jioNsiKLiï joLHDAiN. — Mousicur, VOUS VOUS moquez.
DORANTE. — Mais jc sais rendre ce qu'on me prèle, et reconnaître les plaisii-s qu'on me fait.
MONSIEUR JOURDAIN. — Je n'cu doulc poiut, Mousieur.
DORANTK. — Je veux sortir d'affaire avec vous, et je viens ici pour taire nos comptes ensemble.
MONSIEUR JOURDAIN. — lié biou ! VOUS vovez voire imperliiience, ma femme.
DORANTE. — Je suis houime (jui aime à m'acquitter le plus tôt que je puis.
MONSIEUR JOURDAIN. — Je VOUS le disais bien.
DORANTE, — Voyons un peu ce que je vous dois.
MONSIEUR JOURDAIN. — Vous voilà, avcc vos soupçons ridicules.
DORANTE. — Vous souveucz-vous l)ien de tout l'argent que vous m'avez prêté?
MONSIEUR joui'.DAiN. — Jc ci'ois que oui. J'en ai fait un petit mémoire. Le voici. Donné à vous une fois deux cents louis.
DORANTE. — Cela est vrai.
MONSIEUR JOURDAIN. — Uue autro fois six-vingts.
DORANTE. Oui.
MONSIEUR JOURDAIN. — Et uue autrc fois, cent quarante.
DORANTE. — Vous avcz raisou.
MONSIEUR Joui'.DMx. — Os tuois articlos font quatre cent soixante louis, qui valent cinq mille soixante livres'.
DORANTE. — Le compte est fort bon. Cinq mille soixante livres.
MONSIEUR JOURDAIN. — Mille liuit ceut trente-deux livres à votre plumassier.
J. Le louis était alors compté pour on^e livres.