‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 648 sur 744 · y a une négative de trop · texte numérisé non relu

y a une négative de trop

MARTINE

Mon Ilif^n ! jfi n'avons ]»as étngné comme vous,

Kl je parlons tont droit comme on parle cheux nous.

l'IllLAMlNTE.

Ah ! penl-on y tenir ?

BKIJSK.

Quel solécisme ' horrible !

PIIILAMINTK.

En voilà i)0ur tuer - une oreille sensible.

m'aisE.

Ton esprit, je l'avoue, est bien matériel. Je n'est qu'un sinj^ulier, avons est pluriel. Veux-tu toute ta vie olfenser la grammaire?

MARTINE

Oui parle d'otfenser grand'mére ni grand-père?

PHUAMIME.

0 Ciel !

BÉLISE

Grammaire est prise ^ à contre-sens par toi, Et je t'ai déjà dit d'où vient ce mot.

MAKTINE.

Ma foi !

Qu'il vienne de Chaillot, d'Auteuil, ou de Pontoise, l^ela ne me fait rien*.

1. Le soléciame (\\\\ scandalise Bélise n'est point l'emploi de la forme chcHx, prononciation, dit Vaiigelas, qui la condamne, usitée même à la cour, mais la faute de syntaxe : « Je n'avons «.

2. Voilà de (juoi tuer.... Cf. les Précieuses ridicules : « Uneoreiilo\m p»^n délicate pâlit furieusement à entendre prononcer ces rnots-là ». (Se. iv.)

^. l^a confusion de Martine est d'autant plus excusable que certains auteurs, pour mieux se conformer à la prononciation, ont écrit parfois non pas fjmmm'iire, mais (jranmnire.

4. Molière avait déjà dit dans une de ses premières farces, la Jalousie

Page 1