ACTE I. SCENE I
péror et rafraîchir !e sang de Monsieur, vingt sols. » lion, dix sols. (( Plus une potion cordiale et préservative, composée avec douze grains de bézoard', sirops de limon- et grenade, et autres, suivant l'ordonnance, cinq livres. » Ah! Monsieur Fleuibnt, tout doux, s'il vous plait ; si aous en usez comme cela, on )ie vntulra plus être malade : conli'iilez-vous de quatre francs. Vingt et quarante sols. Trois et deux font cinq, et cinq font dix, et dix font vingt. Soixante el trois livres, quatre sols, six deniers. Si bien donc que de ce mois j'ai pris lUie, deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit médecines; et un, d(Mix, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze et douze lavements; et l'autre mois il y avait douze médecines, et vingt lavements. Je ne m'étonne pas si je ne me porte pas si bien ce mois-ci que l'autre. Je le dirai à Monsieur Purgon, alln qu'il mette ordre à cela. Allons, qu'on m'ôte tout ceci. Il n'y a personne : j'ai beau dire, on me laisse toujours seul ; il n'y a pas moyen de les arrêter ici. (il sonne une sonnrtte pour faire venir ses gens.) Ils n'entendent point, et ma sonnette ne fait pas assez de bruit. Dreiin, drelin, drelin : point d'affaire^. Drelin, drelin, drelin : ils sont sourds. Toinette ! Drelin, drelin, drelin : tout comme si je ne sonnais point. Chienne, coquine! Drelin, drelin, drelin : j'enrage, (il ne sonne plus, mais il crie.) Drelin, drelin, drelin : carogne, à tous les diables! Est-il possible qu'on laisse comme cela un pauvre malade tout seul? Drelin, drelin, drelin : voilà qui est pitoyable! Drelin, drelin, drelin : ah, mon Dieu! ils me laisseront ici mourir. Drelin, drelin, drelin!
1. Bézoard ; onappelaiL ainsi, dil Liltré, « les concrétions calculeusos qui se forment dans l'estomac de certains quadrupèdes ». On leur attribuait autrefois la vertu de prévenir l'effet des poisons pris à l'intérieur.
2. limon, fruit qui ressemble au citron, mais dont la peau est moins épaisse, la forme plus allongée el.le jus plus aigre.