‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 735 sur 744 · Galimatias, discours confus et inintelligible · texte numérisé non relu

Galimatias, discours confus et inintelligible

i. D'après Auger, « pour se donner un air de gravité et mspirer un certain respect, les médecins de ce lernp,-là portaient la barbe

longue ».

o. On juge volontiers aujourd'hui invraisemblable la démarchedecetto étonnante Faculté, qui se rend au domicile du candidat pour lui conférer ses grades; mais il yavaitau xvii' siècle de pauvres Facultés de province dont on pouv.iil attendre, contre espèces. semblable complaisance.

,SS'2 iJ': MA[,.\[)E IMAGINA llil'^.

lîÉKALDE. — On VOUS iiiï-liuira en deux mois, et l'on vous donnera par écrit ce que vous devez dire. Allez-vous-en vous mettre en habit décent, je vais les envoyer quérir.

AP.GAX. — Allons, voyons cela.

n.i'wTf. - Que voulez-vous dire iM (|ii"enteiiilez-\iiiis ;tvrc celte l'acuité de vos amies...?

ToiNETTr,. ^ Quel est donc votre dessein?

liÉp.vLDE. — De nous divertir un peu ce soir. Les conn'- (liens ont fait un petit intermède de la réception d'un mi-- (iecin avec des danses et de la musique; je veux que nous en prenions ensemble le divertissement, et que mon l'rère y fasse le premier personnage.

ANGÉLIQUE. — Mais, mou oncle, il me send)!e que vous vous jouez un peu beaucoup de mon père.

cÉRALDE. — Mais, ma nièce, ce n'est pas lanl le jouer, que s'accommoder à ses fantaisies. Tout ceci n'est qu'entre nous. Nous y pouvons aussi prendre chacun un personnage, et nous donner ainsi la comédie les uns aux autres. Le carnaval autorise cela. Allons vite préparer toutes choses.

CLÉANTE, ;"i Angélique. — Y consentez-vous ?

ANxi'uQiE. — Oui, puisque mon oncle nous conduit.

La scène suivan(o a été écrite par Molière, aidé par P.oiloau, dit une tradition, en latin macaronique, ou. comme on dit encore, en Inlin de cuisine. Nous avons jugé inutile de joindre au texte une traduction française : les élèves n'auront aucune peine à rornpreudre ce latin, qui n'a rien de comnuni avec celui de Cicéron.

Tout d'ailleurs n'est pas fantaisie dans cette cérénuinie huilesque à laquelle nous convie Molière. Initié, dit-on, par un médecin de ses amis au cérémonial des examens que subissaient les futurs docteurs, le poète comique n'a fait souvent que broder de plaisantes variations sur le thème que lui fournissait la réalilé.

ENTRÉE DE liALLET Plusieiu-s lapiesiei's viennent iir/j)an'r la salle et jil.ucr Ils

ACŒ m. SŒ^K \1V LT DLIlMLllL. 883

lianes eu cadence : ciisuilo île quoi loulo rassemblée , couiposéc de liuit porte-seringues, ^ix npotlncaires, vingt-deux docteurs, celui qui se fait recevoir nicdecin. huit chirurgiens dansants et huit chantants entre et prend ses places, selon les rangs.

rn-tsEs.

Sraruiili.s.simi rlotiorcs, Medkinx profcsnores.

Qui hic assembluli estis.

Et vos, ait ri Mcssiurea, Sctitcntiuruin Facilitai is Fidèles e.ieciitores, (liiniifjiaui et (ipothicaii, Atqtte tota coinpania aussi, Salus, lioiior, et arf/eututii, Alque boiunii appetitum.

?\on possum. tlocli Confreii, En Dioi stitis adniiiari Qualis houa iiirentio Est medici professio.

Quant bella cliosa est, el bene trovata, Medicina illa bcncdicta, Qiue suo nnmine solo, Sufprenanti niiraculo.

Depuis si longo Icnipore, Facit à fjofjo viverc Tant de fjens omni (jcueie'.

Pcr tofani lenani cidenius Grandam vo(jam ubi sumtis, Et.quod (jrandes et petiti Suut de nobis infatuti.

1. Sans doute nous avons ici unélugo ijlaisamnionléijûiale do la piM- 1 -;>ion d'- médecin. Mais noii:= savons quocct. i.'Iogo faisait partie nf'cosijucdii dircotuslutin pronoiiw i><ji- le prOsidenLau début d'un examen.

Totiis muudus, currens ad noslros remédias,

Nos regardât sicut Deos;

Et Jiostris ordonnanciis Principes et reges soumissos videiis.

Donqiie il est nostni' sapieniiœ.

Boni sensiis algue prudentiœ, De fortement travaiUare A nos bene conservare In lali crcdito, voga, cl honore, El prandere gardam à non recevere In noslro doclo corpore Quant personas cnpahiles.

Et totas dignas ramplire Hds plaças honorabiles.

C est pour cela que nunc eonvocati estis; Et credo quod trovabitis Dignani malieram medici In sçavanli liomine que voici.

Lequel, in chosis omnibus, Dono ad interrogandum, Et à fond examinandum Vostris capacitatibus.

l'IîtJIUS DOCTOR.

Si milii licenciam dat Dominus Presses,

El tanti docti Doctores,

El assistantes illustres.

Très sçavanti Bacheliero,

Quem estimo et honoro, Demandaho causam et rutionem quure

Opium facit dormire.

liACHKLIEKVb.

Mihi a docto Doctore Domandatur eausam et ralionem guare

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