ACTE I, SCÈNE I
Elle est bien entendue, et plus d'un duc et pair
En fait à mon faiseur faire une du même air. »
Mui de lui rendre grâce, et pour mieux m'en défendre,
De dire que j'avais certain repas à rendre.
« Ah ! parbleu ! J'en veux être*, étant de les amis,
El manque au maréchal, à qui j'avais promis.
— De la chère, ai-je fait, la dose est trop peu forte, Pour oser y prier des gens de votre sorte.
— Non, m'a-t-il répondu, je suis sans compliment*, Et je vais pour causer avec toi seulement ;
Je suis des grands repas fatigué, je te jure.
— Mais si l'on vous attend, ai-je dit, c'est injure....
— Tu te moques, Marquis : nous nous connaissons tous. Et je trouve avec toi des passe-temps plus doux. »
Je pestais contre moi, l'âme triste et confuse Du luneste succès' qu'avait eu mon excuse. Et ne savais à quoi je devais recourir l'our sortir d'une peine à me faire mourir. Lorsqu'un carrosse faif de superbe manière, El comblé de laquais et devant et derrière, S'est avec un grand bruit devant nous arrêté, D'où sauiant un jeune homme amplement ajusté, Mon Importun et lui courant à l'embrassade Ont surpris les passants de leur brusque incartade; El tandis que tous deux étaient précipités
lions théâtrales linissaient souvent de bonne heure (vers sept heures) en été, il taisait encore jour et l'on pouvait, au sortir Je la comédie, l'aire un tour de promenade au Cours.
1. Ici, Molière se souvient de la satire VIII de Régnier, dont nous avons déjà parlé :
Moi, pour m'en dépêtrer lui dire tout exprès : " Je vous baise les mains, je m'en vais ici près Chez mon oncle dîner. — 0 Dieu le galant homme! J'en suis. »
2. Sans compliment, sans cérémonie, sans façon. C'est ainsi qu'on dit en espagnol, dans le même sens, xin cumplimientos.