SCÈNE XI : GÉRONTE. MERLIN
MERLIN
Ah ! le voiei. Tenons-nous un, peu à l'écart, et songeons d'abord aux moyens de l'empêcher d'entrer chez IuL
GÉRONTE, à lui-même.
Enfin, après bien des travaux et des dangers, voilà, grâce au ciel, mon voyage heureusement terminé ; je retrouve ma chère maison, et je crois que mon fils sera bien sensible au plaisir de me revoir en bonne santé.
MERLIN, à part.
Nous le serions bien davantage à celui de te savoir encore bien loin d'ici.
GÉRONTE
Les enfants ont bien de l'obligation aux pères qui se donnent tant de peine pour leur laisser du bien.
MERLIN, à part.
Oui ; mais ils n'en ont guère à ceux qui reviennent si mal à propos.
GÉRONTE
Je ne veux pas différer davantage à rentrer chez moi, et à donner à mon fils le plaisir que lui doit causer mon retour : je crois que le pauvre garçon mourra de joie en me voyant.
MERLIN, à part.
Je le tiens déjà plus que demi-mort. Mais il faut l'aborder. (Haut.) Que vois-je? juste ciel ! suis-je bien éveillé? est-ce un spectre?
GÉRONTE
Je crois, si je ne me trompe, que voilà Merlin.
MERLIN
Mais vraiment, c'est monsieur Géronte lui-même, ou c'est le diable sous sa figure. Sérieusement parlant, serait-ce vous, mon cher maître?
GÉRONTE
Oui, c'est moi, Merlin. Comment te portes-tu?
MERLIN
Vous voyez, monsieur, fort à votre service, comme un serviteur fidèle, gai, gaillard, et toujours prêt à vous obéir.
GÉRONTE
Voilà qui est bien. Entrons au logis.
{Il va pour entrer chez lui.)
MERLIN, l'arrêtant.
Nous ne vous attendions point, je vous assure ; et vous êtes tombé des nues pour nous, en vérité.
Non ; je suis venu par le carrosse de Bordeaux, où mon vaisseau est heureusement abordé depuis quelques jours.,. Mais nous serons aussi bien...
(// va pour entrer chez lui.)
MERLIN, l'arvêtant.
Que vous vous portez bien ! Quel visage ! quel embonpoint ! I! faut que l'air du pays d'où vous venez soit mcrvoilleux pour