‹ Théatre choisi de Regnard (volume 2)Chapitre 125 sur 168 · TITRE DE LEDIVIO:-; ORIGINALE DE 17O · texte numérisé non relu

TITRE DE LEDIVIO:-; ORIGINALE DE 17O

PERSONNAGES

ALBERT, jaloux, et tuteur d'Agathe.

ÊRASTE, amant d'Agathe. AGATHE, amante d'Éraste.

LISETTE, servante de M. Albert.

CRISPIN, valet d'Éraste,

La seine esi dans uns avenue, devant le chileau d^ Albert.

Comédie en trois actes, en vers

Représentée pour la première fou le i^ janvier lyo^

NOTICE

L'intrigue qui fait le fond de la pièce est celle de /'École des Femmes, du Médecin malgré lui, de l'Amour peintre ou de l'Amour médecin. Elle est empruntée au théâtre latin, et a été reprise bien des fois, en particulier par Beaumarchais, dans le Barbier de Séville.

Regnard semble avoir puisé plus directement dans une pièce italienne, la Finta Piazza {la Folle supposée). Il a rajeuni le sujet au moyen d'une intrigue, peu vraisemblable à la vérité, mais bien charpentée, alerte, mouvementée et remplie d'une extrême gaieté. Albert, pour mieux garder Agathe, sa ptipill», qu'il veut épouser, prend le parti de faire griller son château. Il est confirmé dans son dessein par l'arrivée de deux inconnus qui l'inquiètent, sans qu'il sache, cependant, que l'un est Eraste, amant d'A gathe, et l'autre, Crispin, valet d' Eraste. Agathe est mise au courant de tout par sa suivante, Lisette. Elle se fait passer pour folle : elle feint d'être mélomane pour glisser à Eraste un billet doux, puis de se croire une vieille plaideuse pour arracher de l'argent à Albert, qui craint d'irriter sa folie. Crispin prétend pouvoir la guérir magiquement en faisant passer son délire dans un autre sujet. Eraste se propose, et, tandis qu'Agathe parait reprendre son bon sens, il simule à son tour la folie furieuse et met en fuite Albert, qui va chercher un calmant. Pendant ce temps, les amants se sauvent. La pièce était précédée d'un prologue et suivie d'un divertissement intitulé le Mariage de la folie, tous deux en vers libres.

Sainte-Beuve écrit à propos des Folies amoureuses : « Cette

charmante pièce, restée si jeune au théâtre, est d'une verve continuelle et toujours recommençante. Cette Lisette, ce Crispin nous enlèvent par leur feu roulant d'esprit sans effort ; ils ont coup sur coup des poussées de veine. Agathe, dans ses déguisements, est le plus ravissant lutin. Cette pièce est celle où Regnard a le plus développé peut-être sa qualité dominante : l'imagination dans la gaieté, i

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