ACTE II
Et je défie ici toux, fièvre, apoplexie. De pouvoir, de cent ans, attenter à ma vie
ÉRASTE
On ne croira jamais qu'avec tant de beauté, Et cet air si fleuri, vous manquiez de santé.
Qu'elle se porte bien, ou qu'elle soit malade. Cherchez un autre lieu pour votre promenade.
ÉRASTE
Cet objet que le ciel a pris soin de parer. Cette vue où mon œil se plaît à s'égarer. Enchante mes regards ; et jamais la nature N'étala ses attraits avec tant de parure. Mon cœur est amoureux de ce qu'on voit ici.
ALBERT
Oui, le pays est beau, chacun en parle ainsi ; Mais vous emploieriez mieux la fin de la journée : Votre chaise à présent doit être accommodée ; Votre présence ici ne fait aucun besoin : Partez ; vous devriez être déjà bien loin.
ÉRASTE
Je pars dans le moment. Dites-moi, je vous prie...
ALBERT
Puisque de babiller vous avez tant d'envie. Je vais vous écouter avec attention.
[A Agathe et à Lisette.) Rentrez ! rentrez.
LISETTE
Monsieur.
ALBERT
Eh ! rentrez, vous dit-on I
ÉRASTE
Je me retirerai plutôt que d'être cause
Que madame, pour moi, souffre la moindre chose.
AGATHE
Non, monsieur, demeurez, et, jusques à demain. Différez, croyez-moi, de vous mettre en chemin.
Et ne vous y mettez qu'en bonne compagnie. Les chemins sont mal sûrs.
Que de cérémonie !
(Agathe rentre.)