ACTE V
HECTOR, tendant la main par derrière, dit bas à madame
la Ressource.
Madame la Ressource, un moment, sans paraître. Prêtez-nous notre gage.
VALÈRE
Ah ! chien ! ah ! double traître !
ïu l'as perdu.
Monsieur...
VALÈRE, mettant l'épée à la main.
II faut que ton trépas...
HECTOR, à genoux.
Ah ! monsieur, arrêtez, et ne me tuez pas ! Voyant dans ce portrait madame si jolie. Je l'ai mis chez un peintre ; il m'en fait la copie.
VALÈRE
Tu l'as mis chez un peintre !
HECTOR
Oui, monsieur,
VALÈRE
Ah ! maraud !
Va, cours me le chercher, et reviens au plus tôt.
DORANTE, montrant le portrait.
Épargnez-lui ses pas. Il n'est plus temps de feindre. Le voici.
HECTOR, à part.
Nous voilà bien achevés de peindre I Ah ! carogne !
VALÈRE, à Angélique, Le peintre...
ANGÉLIQUE, à Valère.
Avec de vains détours.
Ingrat, ne croyez pas qu'on m'abuse toujours.
VALÈRE
Madame, en vérité, de telles épithètes Ne me vont point du tout.
Perfide que vous êtes !
RBGNARO — I. S
lu — LE JOUEUR
Ce portrait, que tantôt je vous avais donné Pour le gage d'un cœur le plus passionné, Malgré tous vos serments, parjure, à la même heure. Vous l'avez mis en gage !
VALÈRE
Ah! qu'à vos yeux je meure..
ANGÉLIQUE
Ah ! cessez de vouloir plus longtemps m'outrager. Cœur lâche.
HECTOR, bas à Valère.
Nous devions tantôt le dégager ; Et, contre mon avis, vous avez fait la chose.
MADAME LA RESSOURCE
De tous vos débats, moi, je ne suis point la cause ; Et je prétends avoir mon portrait, s'il vous plaît.
DORANTE
Laissez-le-moi garder ; j 'en paierai l'intérêt Si fort qu'il vous plaira.