ACTE IV
ÉRASTE
Fais-nous part du dessein que ton cœur se propose.
LISETTE
Allons, mon cher Crispin, tâche à voir quelque chose.
CRISPIN
Laisse-moi donc rêver... Oui-dà... Non... Si pourtant... Pourquoi non?... On pourrait...
LISETTE
Ne rêve donc point tant ; Les notaires là-bas sont dans l'impatience ; Tout ici ne dépend que de la diligence.
CRISPIN
Il est vrai ; mais enfin j'accouche d'un dessein Qui passera l'effort de tout esprit humain. Toi, qui parais dans tout si légère et si vive, Exeice à ce suiet ton Imaginative ; Voyons ton bel esprit.
Je t'en laisse l'emploi.
Qui peut en fourberie être si fort que toi? L'amour doit ranimer ton adresse passée.
CRISPIN
Paix... Silence... Il me vient un surcroît de pensée. J'y suis, ventrebleu !
LISETTE
Bon
CRISPIN
Dans un fauteuil assis...
LISETTE
Fort bien...
CRISPIN
Ne troublez pas l'enthousiasme où je ?"is. Un grand bonnet fourré jusque sur les oreill -s ; Les volets bien fermés...
LISETTE
C'est penser à merveilles.
KEONAMO — II. 10
CRISPIN
Oui, monsieur, dans ce jour, au gré de vos souhaits. Vous serez légataire, et je vous le promets ! Allons, Lisette, allons, ranimons notre zèle ; L'amour à ce projet nous guide et nous appelle. Va de l'oncle défunt me chercher quelque habit. Sa robe de malade, et son bonnet de nuit : Les dépouilles du mort feront notre victoire.
LISETTE
Je veux en élever un trophée à ta gloire : Et je cours te servir. Je reviens sur mes pas.