‹ Théatre choisi de RegnardChapitre 124 sur 135 · SCÈNE IV : GÉRONTE, CRISPIN, LISETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV : GÉRONTE, CRISPIN, LISETTE

GÉRONTE, appuyé sur Lisette.

Je ne puis revenir encor de ma faiblesse : Je ne sais où je suis : l'éclat du jour me blesse ; Et mon faible cerveau, de ce choc ébranlé. Par de sombres vapeurs est encor tout troublé. Ai- je été bien longtemps dans cette léthargie?

LISETTE

Pas tant que nous croyions. Mais votre maladie

Nous a tous mis ici dans un dérangement.

Une agitation, un soin, un mouvement

Qu'il n'est pas bien aisé, dans le fond, de décrire.

Demandez à Crispin, il pourra vous le dire,

CRISPIN

Si vous saviez, monsieur, ce que nous avons fait.

Lorsque de votre mal vous ressentiez l'effet,

La peine que j'ai prise, et les soins nécessaires

Pour pouvoir, comme vous, mettre ordre à vos affaires,

Vous seriez étonné ; mais d'un étonnement

A n'en pas revenir sitôt assurément.

GÉRONTE

Où donc est mon neveu? Son absence m'ennuie.

Ah ! le pauvre garçon, je crois, n'est plus en vie.

GÉRONTE

Que dis-tu là? Comment?

CRISPIN

Il s'est saisi si fort.

Quand il a vu vos yeux tourner droit à la mort. Que, n'écoutant plus rien que sa douleur amère. Il s'est allé jeter...

GÉRONTE

Où donc? dans la rivière?

CRISPIN

Non, monsieur ; sur son lit, où, baigné de ses pleurs. L'infortuné garçon gémit de ses malheurs.

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