SCÈNE VI : ÉRASTE. GÉRONTE, CRISPIN, LISETTE
CRISPIN, à Éraslc.
Le ciel vous l'a rendu.
ÉRASTE
Hélas ! à ce bonheur me serais-je attendu ?
Je revois mon cher oncle; et le ciel, par sa grâce.
Sensible à mes douleurs, permet que je Tembrasse I
164 — LE LÉGATAIRE UNIVERSEL Après l'avoir cru mort, il paraît à mes yeux !
GÉRONTE
Hélas ! mon cher neveu, je n'en suis guère mieux : Mais je rends grâce au ciel de prolonger ma vie. Pour pouvoir maintenant exécuter l'envie De te donner mon bien par un bon testament.
LISETTE
Ce garçon-là, monsieur, vous aime tendrement. Si vous aviez pu voir les syncopes, les crises. Dont, par la sympathie, il sentait les reprises, Il vous aurait percé le cœur de part en part.
CRISPIN
Nous en avons, tous trois, eu notre bonne part.
LISETTE
Enfin le ciel a pris pitié de nos misères.