‹ Théatre choisi de RegnardChapitre 2 sur 135 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

Regnard s'est inspiré d'une pièce de Plante, portant le même titre et basée également sur les méprises que peuvent occasionner la ressemblance physique de deux frères jumeaux.

L'idée avait d'ailleurs été souvent reprise depuis le poète latin. Shakespeare compliqua la donnée dans sa Comédie des Méprises. Rotrou écrivit ses Ménechmes soixante-douze ans avant Regnard (1632). Et la tnême intrigue a tenté la verve d'un auteur contemporain, M. Tristan Bernard, dans les Jumeaux de Brighton.

Ménechme est un provincial grossier, qui va à Paris recueillir la succession d'un oncle. Son frère, le Chevalier Ménechme, qu'il croit mort, mène à Paris joyeuse vie. Une vieille, Araminte, est disposée à l'enrichir en l'épousant ; mais il aime Isabelle, fille de Démophon et nièce d' Araminte. Or il se trouve que c'est cette même Isabelle que Démophon réserve comme femme à Ménechme le provincial. Le Chevalier, avec l'aide de son valet Valentin, profite de la ressemblance qu'il a avec son jumeau : il touche chez le notaire les 60.000 écus de la succession et se fait bien accueillir de Démophon. Son frère, au contraire, pris pour le Chevalier, est assailli par la tendre Araminte et sa suivante Finette, par le créancier Coquelet, par un marquis gascon, qui se fait payer une dette de jeu, par le notaire Rebertin, qui soutient lui avoir payé son argent. A la fin, il consent à partager la succession avec le Chevalier, qui épousera Isabelle, et à prendre lui-même Araminte pour femme. Le dénouement n'est guère moral, et le héros, le Chevalier, est loin d'être un modèle de délicatesse. Mais la rapidité avec laquelle Regnard démêle les quiproquos les plus embrouillés, la variété et l'entrain des scènes épisodiques sont d'une extrême gaieté.

LES MENECHMES

ou les Jumeaux

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