SCÈNE PREMIÈRE : LE CHEVALIER, vêtu en deuil VALENTIN
VALENTIN
Rien n'est plus surprenant ; et votre ressemblance Avec votre jumeau passe la vraisemblance. Vous et lui, ce n'est qu'un : étant vêtu de deuil. Il n'est homme à présent dont vous ne trompiez l'œil. On ne peut distinguer qui des deux est mon maître ; Et moi, votre valet, j'ai peine à vous connaître. Pour ne m'y pas tromper, souffrez que, de ma main. Je vous attache ici quelque signe certain. Donnez-moi ce chapeau.
Qu'en prétends-tu donc faire?
VALENTIN, mettant une marque au chapeau. Vous marquer de ma marque, ainsi que votre père, Pour vous mieux distinguer, faisait fort prudemment.
LE CHEVALIER
Tu veux rire, je crois?
, VALENTIN
Je ne ris nullement :
Et je pourrais fort bien, le premier, m'y méprendre.
LE CHEVALIER
Le notaire à ces traits s'est déjà laissé prendre :
Il m'a reçu d'abord ' d'un accueil obligeant;
Et dans une heure il doit me compter mon argent.
VALENTIN
Quoi ! monsieur, il vous doit compter toute la somme. Soixante mille écus?
LE CHEVALIER
Tout autant.
VALENTIN
L'honnête homme 1