‹ Théatre choisi de RegnardChapitre 23 sur 135 · SCÈNE PREMIÈRE : LE CHEVALIER, vêtu en deuil VALENTIN · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE : LE CHEVALIER, vêtu en deuil VALENTIN

VALENTIN

Rien n'est plus surprenant ; et votre ressemblance Avec votre jumeau passe la vraisemblance. Vous et lui, ce n'est qu'un : étant vêtu de deuil. Il n'est homme à présent dont vous ne trompiez l'œil. On ne peut distinguer qui des deux est mon maître ; Et moi, votre valet, j'ai peine à vous connaître. Pour ne m'y pas tromper, souffrez que, de ma main. Je vous attache ici quelque signe certain. Donnez-moi ce chapeau.

Qu'en prétends-tu donc faire?

VALENTIN, mettant une marque au chapeau. Vous marquer de ma marque, ainsi que votre père, Pour vous mieux distinguer, faisait fort prudemment.

LE CHEVALIER

Tu veux rire, je crois?

, VALENTIN

Je ne ris nullement :

Et je pourrais fort bien, le premier, m'y méprendre.

LE CHEVALIER

Le notaire à ces traits s'est déjà laissé prendre :

Il m'a reçu d'abord ' d'un accueil obligeant;

Et dans une heure il doit me compter mon argent.

VALENTIN

Quoi ! monsieur, il vous doit compter toute la somme. Soixante mille écus?

LE CHEVALIER

Tout autant.

VALENTIN

L'honnête homme 1

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