SCÈNE II : DÉMOPHON, LE CHEVALIER, VALENTIN
VALENTIN, à Démophon.
E>tes-vous, monsieur, un honnête homme Appelé Démophon?
DÉMOPHON
C'est ainsi qu'on me nomme.
Je me réjouis fort de vous avoir trouvé.
Voilà mon maître ici fraîchement arrivé.
Qui se nomme Ménechme, et qui vient de Péronne
A dessein d'épouser votre fille en personne.
DÉMOPHON, au Chevalier.
Ah ! monsieur, permettez que cet embrassement Vous fasse voir l'excès de mon contentement.
LE CHEVALIER
Souffrez aussi, monsieur, qu'une pareille joie Dans cet embrassement à vos yeux se déploie.
Et que tout le respect ici vous soit rendu. Que doit à son beau-père un gendre prétendu.
DÉMOPHOX
Votre taille, votre air, votre esprit, tout m'enchante; Et mon âme serait entièrement contente.
Si votre oncle défunt, que je voyais souvent. Pour voir cette alliance était encor vivant.
LE CHEVALIER
Ah ! monsieur, n'allez pas rappeler de sa cendre Un oncle que j'aimais d'une amitié bien tendre. Ce garçon vous dira l'excès de mes douleurs. Et combien, à sa mort, j'ai répandu de pleurs.
VALENTIN
Qu'à son âme le ciel fasse miséricorde !
Mais nous parler de lui, c'est toucher une corde
Bien triste... et qui pourrait... Mais il était bien vieux.
DÉMOPHON
Mais point trop. Nous étions de même âge tous deux. Cinquante ans environ.
VALENTIN
Ce mot se peut entendre En diverses façons, suivant qu'on le veut prendre. Je dis qu'il était vieux pour son peu de santé ; Il se plaignait toujours de quelque infirmité.
DÉMOPHON
Point du tout ; et je crois que, dans toute sa vie.
Il ne fut attaqué que de la maladie
Qui causa de sa mort le funeste accident '.
LE CHEVALIER
C'était un corps de fer.
VALENTIN
Il est vrai... Cependant...
LE CHEVALIER, has, à Valentifi.
Tais-toi donc.
I. Cette scène parait imitée de M. dt Pourceaugnac (a. I, se. vi) .