SCÈNE II : LISETTE, MADAME ARGANTE, ISABELLE. ÉRASTE
ÉRASTE, à Lisette Comment mon oncle est-il?
LISETTE
Le voilà qui me suit.
MADAME ARGANTE, à Eraste.
Je vous laisse avec lui : pour moi, je me retire. Mais, avant de partir, je vais là-bas écrire. Vous, de votre côté, secondez mon ardeur.
Le prix que j'en attends vous répond de mon cœur. SCÈNE III : ÉRASTE, LISETTE.
LISETTE
Eh bien ! vous souffrirez que votre oncle, à son âge.
Fasse, devant vos yeux, un si sot mariage ;
Qu'il vous frustre d'un bien que vous devez avoir !
ÉRASTE
Hélas I ma pauvre enfant, j'en suis au désespoir. Mais l'afifaire n'est pas encore consommée. Et son feu pourrait bien s'en aller en fumée. La mère, en ma faveur, change de volonté. Et va, d'un mot d'écrit entre nous concerté.
Remercier mon oncle et lui faire comprendre Qu'il est un peu trop vieux pour en faire son gendre,
LISETTE
Je veux dans le complot entrer conjointement.
Et que deviendrait donc enfin le testament
Sur lequel nous fondons toutes nos espérances.
Et qui doit cimenter un jour nos alliances,
Et faire le bonheur d'Éraste et de Crispin?
Il faut, par notre esprit, faire notre destin.
Et rompre absolument l'hymen qu'il prétend faire.
J'en ai fait dire un mot à son apothicaire ;
C'est un petit mutin, qui doit venir tantôt.
Et qui lui lavera la tête comme il faut.
Je ne veux pas rester dans une nonchalance
Ou'il faut laisser aux sots. Mais Géronte s'avance.