DE LA GARDE NATIONALE
DROUILLET.
Je vous dis qu'il est passé par là.
TARTEMPONT.
Mais .ètes-vous bien sûr que nous n'ayons pas perdu sa trace, monsieur Drouillet?
DROUILLET.
Appelez-moi sergent! nous sommes sous les armes. Je ne vous appelle pas M. Tartempont... quand j'ai l'agrément de vous parler, je me sers de l'expression de chasseur, servez-vous de l'expression de sergent! je vous appelle chasseur, appelez-moi sergent,
TARTEMPONT.
Eh bien ! sergent!...
DROUILLET.
Très-bien.
TARTEMPONT.
Je crois que nous avons manqué notre homme.
DROUILLET.
Puisque je vous dis qu'il a pris par là !... (montrant le premier pian à droite), et que c'est un cul-de-sac, par où voulez-vous qu'il sorte ?
TARTEMPONT*
Oui, mais comme je suis sûr qu'il a pris par là...
(montrant le troisième plan à droite) et que C'est linc rilC, je
fous dis qu'il nous a échappé; c'était son jeu.
372 PRQSPER ET VINCENT.
DROUILLET, avec importance.
Ce que vous dites là, chasseur, est d'une parfaite justesse, et décèle en vous une grande connaissance du cœur humain ; mais qu'est-ce que ça prouve?
TARTEMPOXT.
Ça prouve que depuis une heure vous nous faites patauger dans des rues malpropres, et tout ça pour nous amener devant votre porte.
DROUILLET.
Chasseur, vous êtes injuste ! cet homme que nous poursuivons avait-il un manteau bleu, comme un facteur? ou n'avait-il pas de manteau bleu?
TARTEMPONT.
Eh bien! oui, il avait un manteau bleu... après?
DROUILLET.
Eh bien! un homme qui court les rues, la nuit, avec un manteau bleu, comme un facteur, est nécessairement un homme qui a des vues répréhensibles ; et si nous ne l'attrapons pas, c'est peut-être un très-grand malheur pour la société.
TABTEMPQNT.
Moi, je suis d'avis de retourner au poste.
Tors LES CHASSEURS.
Oui, oui, retournons au poste.
DROUILLET, avec autorité.
On ne délibère pas sous les armes...