‹ Théâtre choisiChapitre 189 sur 206 · SCÈNE II VINCENT, Madame RIGAULT · texte numérisé non relu

SCÈNE II VINCENT, Madame RIGAULT

MADAME RIGAULT, prenant un siège.

Asseyons-nous et causons ! nous sommes seuls.

VINCENT, s'asseyant.

Il est de fait que vous m'avez tant embrassé dans le fiacre... (u s'essuie la figure) que je n'ai pas eu le temps de vous demander quelle est au juste ma position

MADAME RIGAULT, le regardant avec attendrissement.

C'est que j'ai de la peine à me persuader encore que c'est réellement mon fils que j'ai là, près de moi.

Elle l'embrasse.

VINCENT

Écoutez! ma chère Madame... (je ne me rappelle jamais votre nom) madame Rigault.

MADAME RIGAULT, à part.

Ah ! mon Dieu ! voilà encore sa tête qui s'égare.

VINCENT

Vous m'accueillez chez vous : c'est bien! vous m'offrez la table et le logement, c'est encore trèsbien ; je vous regarde comme une femme philan-

tiirope; j'admire votre conduite, mais c'est une charade pour moi, je vous le dis.

MADAME RIGAULT, à part.

Le colonel n'avait que trop deviné! (Haut.) Mon Prosper !

VINCENT

D'abord, voyons! vous m'appelez Prosper! y tenezvous beaucoup k m'appeler Prosper? Ce n'est pas que le nom soit laid... mais comme jamais on ne me l'a donné. ..

MADAME RIGAULT, avec affection.

Si j'y tiens?

VINCENT

Prosper, soit ! va pour Prosper ! c'était une simple observation...

MADAME' RIGAULT

Mais, écoute, M. Rigault va arriver; je t'en prie, ne lui parle pas ainsi, il est un peu irrité contre toi ; et le moindre mot pourrait tout gâter.

VINCENT

J'y ferai attention. Mon désir est de vous satisfaire, car je ne vous cache pas que j'ai un fier besoin d'argent. . Kat d'église ! voilà ce que je suis !...

MADAME RIGAULT, à part.

Mais qu'est-ce qu'il dit? (Haut.) Mon ami! c'est de l'argent qu'il te faut? Tiens! voilà pour tes menus plaisirs.

Kilo lui donna une bonne qu'elle lire de son sac.

vi >;<'[•;. NT.

De L'or! Ohl brave femme que vous êtes 1 il y a au

moins crut écUS là-dedans... (Atcc tendresse.) Je ne vous eu veux pas... allons ! je ferai ce «nu1 vous voudrez :

mais je peux le dire, c'est un conte de fée que j'exécute, le diable me brûle!

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